Allergies aux pollens : la désensibilisation, une solution durable pour adultes et enfants
Allergies pollens : la désensibilisation expliquée

Allergies aux pollens : la désensibilisation, une solution durable pour adultes et enfants

Les yeux qui rougissent et démangent, la gorge qui gratte, les éternuements incessants et le nez qui coule... Si vous faites partie des 30% d'adultes ou des 20% d'enfants de plus de 9 ans vivant en France qui souffrent d'allergie aux pollens (selon les chiffres de l'Anses*), vous avez certainement remarqué que la saison pollinique a bel et bien commencé.

Face à ces symptômes légèrement handicapants, chacun développe ses propres techniques : prendre un antihistaminique chaque soir, nettoyer régulièrement ses yeux avec un collyre, se laver les cheveux quotidiennement pour éliminer les pollens. Mais il existe une solution plus pérenne, aussi bien pour les adultes que pour les enfants de plus de 5 ans : la désensibilisation. Ce traitement, souvent perçu comme ultra-contraignant et long, fait l'objet de nombreuses idées reçues. Décryptage complet de cette immunothérapie avec des spécialistes.

Identifier précisément les allergènes responsables

Avant d'envisager une désensibilisation, il est essentiel de déterminer à quels pollens on est exactement allergique. Une multitude de pollens circule sur le territoire français, et la désensibilisation existe pour une très grande partie d'entre eux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

De janvier à mai, les bétulacées – comprenant le bouleau, l'aulne, le noisetier et le charme – vont perturber les allergiques. D'avril à septembre, ce sont les graminées, présentes dans les herbes, qui vont sévir.

« On réalise des tests pour déterminer les allergènes et cibler les plus pertinents », explique l'allergologue Nhân Pham-Thi. « S'il n'est pas possible de se faire désensibiliser aux pollens en même temps qu'aux acariens, mélanger différents types de pollens, comme les bétulacées et les graminées, est tout à fait faisable », ajoute Pascale Mathelier-Fusade, allergologue à l'hôpital Tenon à Paris.

Cependant, traiter trop d'allergènes dans un même traitement peut diluer les doses efficaces. C'est pourquoi les allergologues se limitent généralement à deux allergènes principaux.

Le principe de la désensibilisation

« Il faut que notre corps apprenne à vivre avec le pollen », résume la docteure Mathelier-Fusade. « Pour y parvenir, on administre une quantité de pollen suffisamment importante pour habituer l'organisme, mais pas trop pour éviter les effets secondaires, et on augmente progressivement la dose. »

L'immunothérapie doit être effectuée en hiver, quotidiennement, sous deux formes principales :

  • Des gouttes à garder deux minutes sous la langue, dont le liquide doit être conservé au frais en permanence
  • Des comprimés à faire fondre sous la langue

« On choisit l'une ou l'autre méthode selon la tolérance du patient, notamment sa sensibilité digestive et rénale », souligne le docteur Pham-Thi.

Durée et calendrier du traitement

La désensibilisation débute généralement en octobre ou novembre pour les bétulacées, et en décembre ou janvier pour les graminées. « Le traitement doit être commencé deux à quatre mois avant la saison pollinique et poursuivi pendant la saison elle-même, soit environ six mois au total », précise Pascale Mathelier-Fusade.

Pour que l'immunothérapie soit pleinement efficace, il faut la renouveler pendant trois à cinq années consécutives. Un engagement à long terme qui demande de la régularité.

Efficacité et résultats du traitement

Selon l'étude Practis réalisée en France sur plus de 1.000 patients traités par immunothérapie sublinguale (sous forme de gouttes ou de comprimés), 90% d'entre eux ont rapporté un bénéfice clinique après six à douze mois de traitement.

« Il y a toujours une diminution des symptômes, mais l'importance de cette baisse dépend de l'assiduité et du sérieux du patient », estime l'allergologue Nhân Pham-Thi, ajoutant que « dès la première saison, les effets sont radicalement efficaces ».

Mais cette efficacité est-elle durable ? « Certains patients sont tranquilles à vie. D'autres pour trente, vingt ou dix ans. Et dans de rares cas, pour une période moins longue. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail