Dans cette agence d’Air Algérie, place Maurice-Audin à Alger-centre, le flux des clients est toujours aussi important, que ce soit pour préparer les départs de l’été ou pour prendre un billet de dernière minute pour une urgence en Algérie ou à l’étranger. Selon un employé de la compagnie nationale, les réservations et achats de billets se maintiennent à un bon niveau. Devinant la source de l’interrogation, il ajoute : « Non, pas d’impact de l’affaire du hantavirus, pour le moment. »
Pas de panique dans la population
Non, la panique n’est pas là, mais une majorité de clients assurent suivre l’évolution de cette nouvelle actualité d’un virus qui fait parler de lui aux quatre coins de la planète. « Je ne vois pas les mêmes phénomènes que lors de la pandémie du Covid-19, assure un pharmacien du centre-ville. Les gens ne se ruent pas sur les masques. »
Les autorités sanitaires réagissent préventivement
De leur côté, les autorités sanitaires ont préféré réagir préventivement, tout en affirmant qu’« au regard des informations actuelles émises par l’Organisation mondiale de la santé, le niveau de risque en Algérie reste faible et bas, étant donné que la situation est contenue dans un foyer défini et qu’il n’y a aucun lien épidémiologique direct au niveau national ».
Le ministère de la Santé a donc insisté sur le fait qu’« aucune situation alarmante ne justifie un climat d’inquiétude ou de panique », mais recommande de « respecter les mesures préventives habituelles », notamment en maintenant la propreté des habitations et espaces de stockage, en évitant le contact avec les rongeurs, en assurant une bonne ventilation des locaux fermés et en mobilisant les moyens de protection appropriés lors du nettoyage des espaces exposés.
Ports, aéroports et hôpitaux sous surveillance
Mais au-delà de ces déclarations, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé du ministère a, dès le 11 mai, mis en place un « dispositif organisationnel de préparation et d’alerte » déployé à plusieurs niveaux. D’abord aux ports, aéroports et postes frontaliers, avec aménagement d’espaces d’isolement, déploiement de thermomètres frontaux ou à distance, coordination avec les structures hospitalières spécialisées, etc. Pour rappel, les premiers cas de contamination au Covid-19 en février-mars 2020 sont suspectés d’avoir été importés d’Europe. Alger avait décidé, suite à la propagation du virus mi-mars 2020, de suspendre toutes ses liaisons aériennes et maritimes ainsi que de fermer toutes les frontières terrestres.
Dans les hôpitaux, l’accueil et le triage des cas suspects ont été réactivés cette semaine avec évaluation des antécédents de voyage, de contacts ou d’expositions à risque sur une période de 42 jours précédant l’apparition des symptômes. Il a également été décidé de restaurer les protocoles d’isolement et de prise en charge des cas suspects, « dans le cadre du renforcement global de la prévention des zoonoses transmises par les rongeurs ». Car le ministère rappelle que ses actions concernent également les autres maladies transmises par les rongeurs en développant, notamment, un programme d’information-éducation-communication de prévention et en intensifiant les campagnes de dératisation.
Le souvenir du Covid pousse les autorités à anticiper
Pour le professeur Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie, « il reste peu probable que le virus soit transmis par les vols entre la France ou l’Espagne et l’Algérie, car la durée des trajets est courte et ne permet pas les brassages importants nécessaires à la propagation interhumaine du virus ». « Les citoyens doivent savoir que la situation épidémiologique actuelle dans certains pays européens ne justifie pas la mise en œuvre de mesures de protection et de prévention exceptionnelles comme celles prises lors de la pandémie de Covid-19, hormis le respect des règles d’hygiène, en particulier dans les zones où les rongeurs sont présents », précise le spécialiste.



