Le Vatican a confirmé ce lundi l'excommunication des six évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), une décision qui met fin à des années de tensions entre Rome et les traditionalistes. Cette mesure, annoncée par le dicastère pour la Doctrine de la foi, intervient après que les six prélats ont refusé de se soumettre à l'autorité du pape François et ont persisté dans leur opposition au concile Vatican II.
Une décision sans appel
Selon un communiqué officiel publié par le Saint-Siège, l'excommunication est effective immédiatement. Les six évêques, ordonnés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre sans mandat pontifical, étaient déjà sous le coup d'une excommunication latæ sententiæ, mais le Vatican a souhaité réaffirmer cette sanction de manière formelle. Le dicastère précise que cette mesure est prise « en raison de leur refus persistant de reconnaître l'autorité du concile Vatican II et du magistère du pape ».
Les six évêques concernés
Les prélats visés sont Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la FSSPX, ainsi que Mgr Alfonso de Galarreta, Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Mgr Richard Williamson, Mgr Jean-Michel Faure et Mgr Miguel de la Torre. Ce dernier avait été ordonné évêque en 2019 par Mgr Fellay, dans un geste de défi envers Rome. Le Vatican souligne que cette ordination illicite a aggravé la situation.
Un dialogue rompu
Depuis plusieurs années, des discussions théologiques étaient menées entre la FSSPX et le Vatican, dans l'espoir d'un rapprochement. Cependant, les traditionalistes ont toujours refusé d'accepter pleinement les enseignements du concile Vatican II, notamment sur la liberté religieuse, l'œcuménisme et le dialogue interreligieux. Le pape François avait tenté une approche plus conciliante, mais les positions de la Fraternité sont restées inflexibles.
Réactions contrastées
Du côté de la FSSPX, la décision a été accueillie avec amertume. Dans un communiqué, Mgr Fellay a déclaré : « Nous regrettons profondément cette décision qui nous semble injuste et qui brise tout espoir de réconciliation. Nous restons fidèles à la tradition de l'Église et à la messe tridentine. » De son côté, le Vatican espère que cette clarification permettra d'éviter toute confusion parmi les fidèles. Un porte-parole du Saint-Siège a affirmé : « L'Église ne peut tolérer un schisme ouvert. Il est de notre devoir de protéger l'unité de l'Église. »
Un impact limité mais symbolique
Bien que la FSSPX ne compte qu'environ 600 prêtres et quelques centaines de milliers de fidèles dans le monde, son influence dépasse largement ces chiffres. La Fraternité est devenue un symbole de la résistance traditionaliste au sein du catholicisme. Cette excommunication pourrait toutefois renforcer la détermination de ses membres et attirer davantage de catholiques mécontents des réformes du pape François.
Quelles suites ?
Le Vatican laisse entendre que la porte reste ouverte à un retour individuel des évêques, à condition qu'ils reconnaissent l'autorité du pape et acceptent les enseignements du concile Vatican II. Cependant, rien n'indique que les six prélats soient prêts à faire ce pas. La FSSXP pourrait désormais se considérer comme une Église séparée, bien que ses membres continuent de se considérer comme catholiques. Cette situation rappelle les tensions qui ont suivi le concile Vatican II et qui persistent depuis plus de cinquante ans.



