Le Wat Bouddha Bordeaux vibre au rythme de Songkran, la Fête de l'eau
Ce dimanche 12 avril, le Wat Bouddha Bordeaux, le plus grand temple bouddhiste de la région, installé depuis dix ans à Saint-Vincent-de-Paul, organisait une célébration exceptionnelle : Songkran, la Fête de l'eau. Cet événement marque le nouvel an dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, comme la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Sri Lanka. Les plaques d'immatriculation des nombreuses voitures garées dans le parc du temple témoignaient d'une affluence venue de loin, rassemblant adeptes du Theravada, souvent appelé Petit Véhicule, et simples curieux.
Un temple aux allures de château viticole ouvert à tous
Le Wat Bouddha Bordeaux, dont le vrai nom est Wat Phradhammakaya, s'est établi dans une ancienne propriété viticole rénovée depuis 2016. Simon Nobou, président de l'association laïque qui gère le centre, explique : « Le domaine appartient depuis 2016 à Wat Bouddha Bordeaux. On a tout rénové ». Né au Laos et résidant à Mérignac, il insiste sur l'ouverture du lieu : « La porte est ouverte à tout le monde. On a invité tous les habitants de la commune ». L'association compte près de 300 membres en Gironde et accueille régulièrement des cérémonies et des séances de méditation le dimanche.
Le temple comprend une grande salle de méditation aménagée dans l'ancienne étable, des salles votives décorées de statues et de fleurs, ainsi que des cuisines. À l'étage, la vieille demeure de pierre héberge toute l'année trois moines venus de Thaïlande, reconnaissables à leur crâne rasé et leur robe safran. Simon Nobou précise : « C'est dur d'en recruter en Europe. Ils ont fait vœu de chasteté et de pauvreté, mais ils ont quand même une mutuelle ».
Une garden-party spirituelle et festive
La Fête de l'eau a pris des airs de garden-party, rassemblant des anciens des communautés thaï, khmères ou laotiennes, ainsi que des jeunes, des enfants et des voisins. Jérémy Nicol, le nouveau maire de Saint-Vincent-de-Paul, était présent avec son écharpe, choyé comme tous les invités. Jean-Marc, un habitant local, confie : « On vient chaque année, on habite à côté. Ils sont super accueillants. Et on mange bien ».
Sur les tables, un buffet asiatique à volonté offrait un festival culinaire. Chun, qui tient un restaurant thaï à Bordeaux, note : « Beaucoup d'entre nous sont des pros de la cuisine, ça aide ». Son fils Thomas, étudiant de 21 ans, ajoute en riant : « Dans l'invitation, ils ont écrit : buffet asiatique à volonté ».
Danses, rituels et partage culturel
La journée a débuté par une offrande aux défunts et des dons aux moines, suivis de danses traditionnelles aux noms évocateurs : danse des ombrelles, des esprits, ou du panier à riz gluant. Thomas a présenté une chorégraphie inspirée de la boxe thaï, apprise sur YouTube. Ly et ses filles Yaël et April, vivant à Cadillac, ont dansé en robes du nord de la Thaïlande, près de Chiang Mai, une tradition annuelle pour elles.
Sivan, Malytian et Anita, cousines vingtenaires dont les parents sont nés au Laos, partagent leur vision : « Pour nous, le bouddhisme c'est d'abord un état d'esprit. Une question de famille ». Thomas, plus pratiquant, explique : « C'est une manière de vivre. On croit au karma : faire le bien pèse sur notre balance pour aller au paradis ». Ce dimanche, les bénédictions et le bain des mains des moines ont offert un bénéfice symbolique pour le karma, renforçant les liens communautaires.
Le Wat Bouddha Bordeaux continue ainsi de rayonner comme un centre spirituel et culturel majeur en Gironde, mêlant traditions asiatiques et accueil local dans un cadre unique.



