Dans la communauté juive, en région comme ailleurs, le soulagement après la libération des otages israéliens est immense, même si des inquiétudes subsistent. Ce lundi 13 octobre, Michèle Bensoussan, présidente du Centre culturel juif de Montpellier, confiait à Midi Libre : « Depuis 7 h, je suis non-stop devant i24News. Tous les juifs du monde soufflent aujourd’hui. C’est historique et merveilleux. » Elle ajoutait : « Oui, tous les otages vivants sont en terre d’Israël, dans leur pays. On a souffert avec eux pendant deux ans, jour après jour. » Elle évoquait aussi un moment de tristesse, car après le retour des otages, des corps doivent être restitués.
Un grand soulagement mêlé d'émotion
Perla Danan, présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France pour le Languedoc-Roussillon, vivait pleinement ce mélange de délivrance et d'émotions diverses : « C’est un grand soulagement. On imagine le calvaire que ça a été pour les familles. J’espère désormais que les corps des otages décédés seront rapidement rendus aux familles, afin qu’elles puissent faire leur deuil. » Se disant « très émue parce qu’on était dans l’attente, mais aussi dans la crainte de l’inévitable », elle veut croire que « si les pays en charge de l’accord de paix ont le courage de le faire appliquer, alors on peut être optimiste. Pour avoir deux pays en paix, dans la sécurité et le respect mutuel. Mais ça va être long. »
Un espoir d'apaisement en France
Perla Danan espère aussi que ces événements aideront « à détendre l’atmosphère. Que les gens vont essayer d’établir des liens entre les communautés, pour qu’on n’importe pas ce conflit de haine en France. Parce que ça n’a pas de sens de se retourner contre les juifs de France qui ne sont pas comptables de la politique de Benjamin Netanyahou. Ici, beaucoup y sont opposés. Moi, j’espère la paix là-bas et l’apaisement ici. »
La possibilité de passer à autre chose
Le rabbin Yann Arnoux, responsable du centre Olami Montpellier, estimait que la libération des otages offre « dans la globalité de la communauté juive, la possibilité de pouvoir passer à autre chose, l’espoir de sortir de ça, de se reconstruire. Dans la communauté juive, à Montpellier par exemple, les otages étaient comme une famille, dont on avait le souci permanent. Et c’est bien sûr une réjouissance pour les personnes concernées et leur famille. » Il ne cache pas les inquiétudes qui subsistent, notamment sur le devenir du Hamas, et revient sur le regard porté sur les otages : « Ils portaient bien leur nom. Ils étaient perçus comme une marchandise, une monnaie d’échange. Mais la communauté juive ne les voyait pas comme ça. C’est comme pour le 7 octobre. Du point de vue de la communauté juive, le monde n’a pas vu la même chose qu’elle. »



