Ironie de l'histoire, le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger, était en France, ce vendredi matin, quand l'Élysée a annoncé la visite d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, à Sétif, en Algérie, pour une commémoration du 8 mai 1945. Ce jour-là, dans ce qui était encore une colonie française, la police a tiré sur des manifestants pro-indépendance, faisant entre 2 000 à 30 000 morts, selon les historiens — jusqu'à 45 000, estiment les Algériens.
Un déplacement inattendu
Ce déplacement inattendu est présenté comme une volonté « de traiter des relations entre France et Algérie avec honnêteté » et de « restaurer un dialogue efficace », dit le Palais dans un communiqué, alors que les tensions sont au plus fort depuis des mois. Et la promesse, au passage, d'une « attention prioritaire » au retour du journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis près d'un an en Algérie.
Une volonté de paix
« Une volonté de paix existe désormais. C'est important, car notre futur est lié, et prétendre divorcer est une illusion », insiste le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger. Il salue un « bon signal » qui doit toutefois dépasser le cas Christophe Gleizes pour être pleinement efficace.
Le cardinal franco-algérien estime que cette visite marque un tournant dans les relations bilatérales, longtemps marquées par la méfiance et les contentieux mémoriels. Il espère que ce geste permettra d'ouvrir une nouvelle page de coopération et de réconciliation entre les deux pays.
Pour l'Église catholique en Algérie, cette initiative diplomatique est perçue comme un signe d'apaisement. Le cardinal Vesco appelle les dirigeants des deux nations à poursuivre sur cette voie, afin de construire un avenir commun fondé sur le respect et la compréhension mutuelle.



