La mosquée Annour de Montpellier en pleine tourmente
La mosquée Annour, située dans le quartier du plan Cabanes à Montpellier, a rouvert ses portes en février 2023, mais elle reste en proie à de vives turbulences. Le lieu de culte est actuellement le centre d'une bataille âpre entre les dirigeants historiques et un groupe de fidèles, soutenu par la Grande Mosquée de Paris, qui en revendique le contrôle et la gestion. Cette situation a donné lieu à des incidents, dont une altercation survenue quelques jours avant la fin du ramadan dernier, mettant en lumière les inquiétudes autour de la gouvernance du site.
Un conflit qui s'intensifie sur le terrain judiciaire
Le bras de fer entre les deux factions s'est déplacé sur le terrain judiciaire, avec plusieurs audiences programmées en avril. En mars 2025, Mohamed Amar et son entourage, présentés comme les délégués de la Grande Mosquée de Paris en Occitanie, ont été condamnés à restituer les clés du site aux dirigeants historiques, une décision confirmée en appel. Cette condamnation impose une astreinte de 1 000 € par jour de retard, avec exécution provisoire, ce qui a conduit à des saisies sur les comptes bancaires. Me Didier Dossat, avocat de Mohamed Nourredine, le dirigeant historique évincé, a déposé une plainte pénale pour abus de confiance aggravé auprès du procureur avant le début du ramadan.
Les enjeux diplomatiques et communautaires
Le contentieux, qui remonte à février 2024, attire l'attention des services de l'État et du ministère de l'Intérieur, en raison des liens entre la Grande Mosquée de Paris et l'État algérien. Cette situation soulève des questions sur l'ingérence dans la gestion d'un lieu de culte, un problème récurrent dans le paysage religieux français. Un membre de l'équipe en place dans la mosquée défend sa position en affirmant que la préfecture leur fait confiance et que les fidèles, qui financent le lieu, doivent être respectés. Cependant, le bulletin interne de la Grande Mosquée de Paris, qui vante le bon déroulement du ramadan à Montpellier sous la direction de Mohamed Amar, atteste de leur contrôle continu malgré les décisions judiciaires.
Les tensions persistent, avec des risques d'escalade, comme en témoigne l'incident où des couteaux ont été sortis lors de l'altercation. La communauté locale reste divisée, et l'issue de ce conflit pourrait avoir des répercussions sur la cohésion sociale et les relations interreligieuses dans la région. Les prochains mois seront déterminants pour clarifier la gouvernance de la mosquée Annour et apaiser les esprits.



