Les parents de Hamza, un enfant de 10 ans décédé en 2023, ont annoncé leur intention de porter plainte contre la douane française pour insultes racistes. Selon leurs avocats, des agents des douanes auraient tenu des propos discriminatoires lors d'un contrôle effectué en 2022, qualifiant l'enfant de "sale noir" et proférant d'autres insultes à caractère raciste. Ces révélations, publiées par Libération, ont suscité une vive émotion au sein de la famille et des associations de défense des droits de l'enfant.
Les faits reprochés à la douane
Les faits remontent à un contrôle douanier à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où la famille de Hamza, d'origine malienne, était en transit. Selon le récit des parents, les agents auraient non seulement insulté l'enfant, mais également menacé de le séparer de sa famille. Ces accusations, étayées par un dépôt de plainte, visent à obtenir justice pour les préjudices moral et psychologique subis. L'avocat de la famille, Me Yannick Baudin, a déclaré : "Ces propos sont intolérables et révèlent un racisme systémique au sein de certaines administrations."
La réaction de la douane
La direction générale des douanes a réagi en annonçant qu'elle envisageait de porter plainte pour diffamation, estimant que les accusations étaient infondées. Dans un communiqué, elle a affirmé que "les agents concernés ont agi dans le respect des règles et des valeurs de la République". Toutefois, elle n'a pas fourni de preuves contredisant le récit des parents. Une enquête interne a été ouverte, mais les résultats n'ont pas encore été rendus publics.
Un contexte de tensions
Cette affaire intervient dans un climat de méfiance croissante envers les forces de l'ordre, notamment après plusieurs cas de violences policières et de discriminations raciales. En 2023, le Défenseur des droits avait recensé une augmentation de 32 % des signalements pour discriminations raciales dans les services publics. Les associations, comme SOS Racisme, appellent à une réforme en profondeur des procédures de contrôle.
Les réactions politiques et associatives
Plusieurs personnalités politiques ont condamné ces propos présumés. La députée LFI Danièle Obono a tweeté : "Le racisme d'État n'est pas un mythe, il se manifeste dans ces contrôles humiliants." De son côté, l'association La Voix de l'Enfant a demandé une enquête indépendante. Les parents de Hamza, soutenus par une collecte de fonds, espèrent que cette plainte aboutira à des sanctions exemplaires.
Les suites judiciaires attendues
Le tribunal judiciaire de Bobigny a été saisi. Une audience est prévue dans les prochains mois. Les avocats de la famille réclament la communication des enregistrements vidéo du contrôle, qui pourraient constituer des preuves clés. Selon Me Baudin, "nous exigeons la vérité et la justice pour Hamza et pour tous les enfants victimes de racisme". L'affaire pourrait également avoir des répercussions sur les pratiques des douanes, notamment en matière de formation à la non-discrimination.



