Pédocriminalité : mise en œuvre inachevée des recommandations de la Ciivise
Ciivise : des recommandations encore inappliquées

Alors que le drame de la petite Lyhanna, 5 ans, morte sous les coups de son beau-père, rappelle l'urgence d'agir contre la pédocriminalité, la mise en œuvre des recommandations de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) reste inachevée. C'est le constat dressé par plusieurs associations de protection de l'enfance, qui dénoncent un manque de volonté politique.

Des avancées timides

Créée en janvier 2021, la Ciivise a rendu en novembre 2023 un rapport contenant 82 recommandations pour mieux protéger les enfants victimes. Parmi elles, figurent la création d'un service public de la protection de l'enfance, le renforcement des moyens judiciaires ou encore la formation des professionnels. Mais un an et demi plus tard, seules 20 % des mesures ont été mises en œuvre, selon un bilan des associations.

Des freins multiples

Les associations pointent du doigt plusieurs obstacles : un manque de financement, une coordination insuffisante entre les ministères, mais aussi une certaine frilosité politique. « Le sujet est devenu un marronnier médiatique, mais les actes ne suivent pas », déplore une porte-parole de l'association Enfance et Partage. Le gouvernement, de son côté, assure avoir avancé sur plusieurs dossiers, comme le recrutement de 1 000 enquêteurs supplémentaires dédiés aux violences intrafamiliales.

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L'urgence après la mort de Lyhanna

Le décès de Lyhanna, survenu le 10 juin à Angers, a ravivé la colère des associations. La fillette avait été signalée à plusieurs reprises aux services sociaux, sans que des mesures de protection ne soient prises. « C'est un énième scandale qui aurait pu être évité si les recommandations de la Ciivise avaient été appliquées », s'indigne le collectif #NousToutes. Un appel à une marche blanche est prévu ce week-end dans plusieurs villes.

Un plan d'action attendu

Les associations réclament un plan d'action urgent avec un calendrier précis et des moyens financiers à la hauteur. Elles demandent également la création d'un véritable ministère de l'Enfance, comme le préconisait la Ciivise. De son côté, le gouvernement promet de présenter une feuille de route d'ici la fin de l'année. Mais pour les défenseurs des droits des enfants, le temps presse : en 2024, 160 enfants sont morts sous les coups de leurs parents, selon les chiffres officiels.

L'affaire Lyhanna met en lumière les lacunes d'un système qui peine à protéger les plus vulnérables. Les associations appellent à une mobilisation citoyenne et politique pour que les mots ne restent pas lettre morte.

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