La comédienne Marie-Gaëlle Cals, marraine du comité héraultais d'Enfance et Partage, et Marie-Ange Louvier, déléguée départementale, lancent un appel urgent aux bénévoles pour défendre les droits des enfants et prévenir les violences, notamment sexuelles, en milieu scolaire et périscolaire. Plusieurs cas d'agressions sexuelles ont été révélés à Vic-la-Gardiole et Montpellier.
Des familles accompagnées après des agressions
Interrogée sur l'accompagnement des familles, Marie-Ange Louvier précise : « Pas à Montpellier mais à Vic-la-Gardiole, en juillet dernier. » Marie-Gaëlle Cals ajoute : « Cela aurait pu être le cas dans le cadre des permanences que nous tenons deux fois par semaine, boulevard Louis-Blanc. On est à Montpellier la seule association qui défend les enfants victimes de violences. »
En tant que parent, la comédienne confie avoir toujours été surprotectrice : « Je me suis toujours fiée à mon instinct. » Elle souligne que l'ampleur du phénomène, notamment à Paris, a longtemps été tu par les institutions : « Ce qui est bien aujourd'hui, c'est qu'on en parle et que les médias relaient. Ça va prendre du temps mais c'est un point de départ très important. »
Prévention dans les écoles : des actions adaptées
Marie-Ange Louvier détaille les actions de prévention : « Nous avons un agrément de l'Éducation nationale. Nous intervenons sur sollicitation des responsables des établissements scolaires. Nos actions sont adaptées à chaque âge. Elles peuvent prendre la forme de bande-dessinées, d'interactions avec les élèves, de diffusion de spots. Notre mission est de briser le silence et qu'on écoute enfin la voix de l'enfant. » Les notions transmises varient selon l'âge : le tiers de confiance, le corps qui appartient à l'enfant, les bons et les mauvais secrets.
Lenteur de la justice : des insuffisances structurelles
L'affaire Lyhanna a mis en lumière les dysfonctionnements judiciaires. Marie-Ange Louvier déclare : « Nous ne remettons pas en cause l'engagement quotidien des professionnels de la protection de l'enfance, des services sociaux, de la justice ou des forces de l'ordre. Mais il y a des insuffisances structurelles qui fragilisent l'efficacité du dispositif. Il faut que les plaintes et les informations préoccupantes soient traitées plus efficacement et rapidement. » Marie-Gaëlle Cals renchérit : « Il y a un manque de moyens humains et financiers. Des magistrats sont sous l'eau. »
Dans 80 % des cas, ce sont des mères qui contactent l'association. Marie-Ange Louvier explique : « On n'est pas des enquêteurs. On est des bénévoles qui, en fonction des informations transmises, réalisons des informations préoccupantes auprès du Département ou des signalements au procureur. » Elle appelle à une meilleure coordination entre services sociaux, médicaux, éducatifs et judiciaires : « À l'heure actuelle, ce qui est le moins entendu, c'est la parole de l'enfant. »
Le rôle de marraine et l'appel aux bénévoles
Marie-Gaëlle Cals explique son engagement : « J'ai toujours entendu parler d'Enfance et Partage à travers sa marraine nationale Carole Bouquet. Marie-Ange est venue vers moi, je ne voulais pas m'engager à la légère. J'ai assisté aux réunions mensuelles pendant un an, j'ai vu le travail opiniâtre de tous les bénévoles. On a l'impression que c'est une goutte dans l'océan. Je fais un appel aux bénévoles car l'association dispose de tous les outils pour faire de la prévention. On a évidemment besoin de dons mais aujourd'hui, principalement, de bénévoles pour toucher plus d'élèves. »
Marie-Ange Louvier précise l'existence d'un module pour les professionnels de la petite enfance et un module dédié au syndrome du bébé secoué. L'association rémunère deux psychologues et une assistante juridique à Paris. Concernant le profil des bénévoles, elle indique : « On ne rentre pas à Enfance et Partage comme on rentre dans un club de macramé. Il y a un temps d'adaptation. On regarde si on a les mêmes valeurs. Le bénévole suit une formation à Paris avant d'agir. La protection des enfants, c'est une responsabilité collective. »
Des suivis individualisés et des groupes de parole
En 2026, l'association suit 22 nouvelles familles. Elle propose des suivis individualisés pour les enfants victimes et des groupes de parole pour les parents non auteurs et pour des adultes victimes dans leur enfance. Marie-Gaëlle Cals conclut : « Les femmes et les enfants sont les victimes d'une société en crise. Les citoyens doivent embrasser ce sujet sociétal. » Marie-Ange Louvier ajoute : « Il faut rompre la répétitivité. Aider un enfant, c'est sauver un adulte. Toute la chaîne, du citoyen à l'État, doit être engagée. »
Enfance et Partage, 27 boulevard Louis Blanc, Montpellier. Tél : 04 67 60 30 30. Email : herault@enfance-et-partage.org



