Humanitaire : les étudiants face à un secteur en crise
Étudiants en humanitaire : un secteur en crise

Un secteur en difficulté

Les étudiants en humanitaire arrivent sur un marché du travail morose. Le secteur, autrefois florissant, subit de plein fouet les conséquences des crises économiques et des réductions de financements. Les ONG traditionnelles réduisent leurs effectifs, tandis que les nouvelles structures peinent à émerger.

Des témoignages alarmants

Marie, 24 ans, diplômée d'un master en action humanitaire, témoigne : "J'ai postulé à plus de cinquante offres, sans succès. Beaucoup d'ONG exigent désormais plusieurs années d'expérience, même pour des postes juniors." Ce constat est partagé par de nombreux jeunes diplômés, qui se tournent vers des stages non rémunérés ou des missions bénévoles pour acquérir une première expérience.

Selon une étude récente, le nombre d'offres d'emploi dans le secteur humanitaire a chuté de 30 % en deux ans. Les postes les plus touchés sont ceux de coordinateur de projet et de logisticien, autrefois très demandés.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les causes de la crise

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'une part, les bailleurs de fonds publics et privés ont réduit leurs enveloppes, notamment en raison des crises multiples (climatique, sanitaire, conflits). D'autre part, le secteur est devenu plus concurrentiel, avec l'arrivée de nouvelles organisations issues du privé ou de la tech, qui captent une partie des financements.

Les étudiants pointent également du doigt une inadéquation entre leur formation et les besoins réels du terrain. "Les universités nous préparent à des métiers qui n'existent presque plus", déplore Thomas, 26 ans, en recherche d'emploi depuis un an.

Des pistes d'adaptation

Face à cette crise, certains établissements tentent d'adapter leurs cursus. L'université Paris-Nanterre a récemment lancé un master spécialisé dans l'humanitaire numérique, visant à former des experts capables de travailler sur les outils digitaux utilisés par les ONG. D'autres misent sur des partenariats avec des associations locales pour offrir des stages immersifs.

Les étudiants eux-mêmes se réinventent. Beaucoup se tournent vers des secteurs connexes comme la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ou le développement durable. "J'ai finalement trouvé un poste dans une entreprise qui a un pôle humanitaire, mais ce n'était pas mon projet initial", confie Sarah, 27 ans.

Un avenir incertain

Si le secteur humanitaire reste essentiel, sa forme actuelle semble en pleine mutation. Les jeunes diplômés doivent faire preuve de flexibilité et de créativité pour s'insérer. Les experts prédisent une stabilisation dans les prochaines années, mais avec des profils différents : plus de compétences techniques, moins de postes généralistes.

En attendant, les étudiants continuent d'alerter sur la précarité de leur situation. "On nous vendait un métier passion, mais la réalité est bien plus dure", conclut Marie.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale