Mérignac : les locataires d'un immeuble neuf dénoncent des malfaçons en série
Mérignac : locataires excédés par les malfaçons d'un immeuble neuf

Un immeuble livré en 2022 déjà dégradé

Dans le quartier des Ardillos à Mérignac, l'immeuble Casantino, géré par le bailleur social Mésolia, est au cœur d'une vive contestation. Livré en janvier 2022, ce bâtiment de quatre étages et 43 appartements présente de multiples malfaçons. Les locataires, excédés, dénoncent des infiltrations, des problèmes de chauffage et d'ascenseur, ainsi que des charges excessives.

Des problèmes dès les premiers mois

Les résidents rapportent des infiltrations d'eau dès les premières pluies. Virginie, habitant au dernier étage, explique : « Quand il pleut sur ma chambre, l'eau suinte sur les murs. » Clarisse, au rez-de-chaussée, constate des écoulements depuis la colonne de la chaudière. Nathalie, elle, déplore que sa douche inonde le voisin du dessous. Les photos et vidéos montrent des murs de crépi souillés, des plafonds troués, des prises noyées et des moisissures omniprésentes. « On passe de la javel tout le temps », confient-ils.

Des désagréments structurels

Au-delà des infiltrations, la structure de l'immeuble est jugée instable. « Le bâtiment bouge, on l'entend craquer jour et nuit », affirment les locataires. Portes coincées, fenêtres brisées, murs fissurés et isolation thermique défaillante complètent le tableau. Cet hiver, les occupants sont restés « sans chauffage ni eau chaude pendant un mois ». La chaudière collective a connu des pannes répétées, et il a fallu quatre mois pour installer une nouvelle chaudière, fin avril. L'ascenseur, lui, est intermittent : « Il ne marche plus dès qu'il pleut. » Le parking est régulièrement inondé.

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Des réponses jugées insuffisantes

Les locataires ont multiplié les réclamations auprès de Mésolia. « Ils ont mis un peu de peinture », dénoncent-ils, déplorant des tickets de réclamation ouverts puis clôturés sans solution. Hanane a envoyé plusieurs courriers de mise en demeure sans retour. La goutte d'eau a été la demande de régularisation de charges pour 2023, avec des montants allant de 500 à 1 000 euros par foyer, alors que Mésolia avait promis un geste commercial après la panne de chauffage.

Des actions en justice envisagées

Les résidents, organisés, exigent des réparations pérennes, une baisse des loyers et des charges, ainsi que la transparence sur les consommations facturées. Ils envisagent une action collective en justice. De leur côté, Mésolia reconnaît des dysfonctionnements techniques liés à la conception et à la construction, et assure prendre la situation au sérieux. Le bailleur indique que le remplacement de la chaufferie est finalisé, que la pompe de relevage a été changée et que l'ascenseur fait l'objet d'un suivi. Les travaux pour infiltrations et fissures seront pris en charge via la garantie dommages-ouvrage, mais les délais d'instruction ne dépendent pas de Mésolia. Pour la hausse des charges, le bailleur justifie une sous-évaluation des provisions et propose des facilités de paiement personnalisées.

Les locataires, eux, se sentent piégés. « Si on pouvait déménager, on le ferait », confient-ils, comparant leur quotidien à une prison.

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