À Montpellier, des familles expulsées avec 15 enfants dorment à la rue
Montpellier : familles expulsées avec 15 enfants à la rue

Élus, associations et citoyens ont appelé l'État à agir pour éviter que quinze enfants passent une nouvelle nuit dehors, à la veille de la reprise scolaire. Ils étaient plus de 200 ce samedi 1er novembre devant les grilles d'une préfecture fermée pour s'indigner de la situation de ces familles expulsées – dont 15 enfants – qui se retrouvent à dormir à même le sol depuis plusieurs jours sur le parvis de la mairie sans solution de repli.

Ce rassemblement, qui se déroule pourtant durant un jour férié en pleines vacances scolaires, a réuni du monde. Parmi la foule, la présence de beaucoup d'élus du conseil municipal, départemental, d'une députée et de nombreuses associations et syndicats est à souligner, sans compter celle des simples citoyens et des familles dans le besoin.

Un appel à la dignité

Une indignation partagée par tous sur la place devant cette préfecture, lieu hautement symbolique, après l'expulsion demandée par le préfet et effectuée en début de semaine d'une dizaine de familles qui n'ont eu aucune proposition d'hébergement d'urgence après l'opération de police. Depuis, elles ont élu domicile avec un campement de fortune sur le parvis de la mairie.

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"On pensait obtenir de l'aide plus rapidement. On observe une réelle volonté de la préfecture de ne pas reloger ces personnes, qui ne sont pas toutes sous OQTF", a déclaré Samuel Forest, de l'association Solidarité partagée, qui tente d'accompagner ces familles. Avant d'ajouter : "On espère avoir une réaction de ceux qui peuvent aider. On demande aussi à la mairie de ne pas laisser les enfants dormir à la rue. On sait que ce n'est pas à elle de le faire…"

Même si quelques pistes ont été avancées, notamment grâce au travail de la municipalité, la situation n'est pas réglée.

Des témoignages poignants

Sur place, certaines familles ont voulu s'exprimer. "Je suis une femme de 60 ans. J'ai été menacée en Algérie. Je suis partie et venue en France avec un peu d'argent, mais au bout d'un moment je n'ai pas pu payer mon loyer. J'ai été hébergée dans une cave où j'ai été agressée. Je demande un lieu d'accueil digne de ce nom."

Une autre : "J'ai une petite fille et je n'ai même pas d'endroit pour lui faire prendre une douche pour son retour à l'école lundi." Quant aux jeunes, leurs mots ont résonné avec beaucoup d'émotion : "On a le droit de vivre comme tout le monde… On est des ados. On ne veut pas être invisible. Un logement ce n'est pas un cadeau, mais un droit…"

Un appel à l'aide a été lancé pour que ces personnes puissent simplement vivre dignement, d'autant plus avant la reprise de l'école ce lundi. Toute aide est la bienvenue : matelas, couverture et autres. "On peut venir nous rencontrer devant la mairie." Et sinon, rendez-vous est donné ce lundi 3 novembre à 12 h devant la préfecture pour un nouveau rassemblement afin d'obtenir des solutions concrètes.

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