Hérault : 237 M€ pour l'enfance, saturation record des structures d'accueil
Hérault : 237 M€ pour l'enfance, saturation des accueils

Le Département de l'Hérault a consacré 237 millions d'euros à l'enfance et à la famille en 2025, un record historique. Face à cette hausse inédite des besoins, la collectivité peine désormais à trouver des places d'accueil pour les mineurs en difficulté, dans un contexte budgétaire extrêmement contraint.

« On ne sait plus où placer les gamins en difficulté », a lancé Kléber Mesquida, président du Département, lors de la séance du Conseil départemental du 22 juin 2026 consacrée au compte financier unique. Cette phrase a résonné bien au-delà des débats budgétaires, illustrant la saturation croissante des dispositifs de protection de l'enfance.

Des dépenses sociales qui explosent

Les dépenses sociales représentent désormais près de 70 % des dépenses de fonctionnement de la collectivité. « Nous avons 927,3 millions d'euros à caractère social », a indiqué Cyril Meunier, rapporteur, sur les 1,5 milliard d'euros dépensés par le Département en 2025. Une charge qui continue de progresser alors que les besoins explosent et que les compensations de l'État sont jugées insuffisantes.

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« Ce sont des chiffres alarmants qui démontrent que notre société et notre territoire vont mal », a résumé Cyril Meunier. Le reste à charge supporté par le Département sur plusieurs allocations de solidarité pèse lourdement sur les finances locales.

L'enfance dépasse les personnes âgées

L'indicateur le plus inquiétant concerne l'enfance et la famille. « Pour la première fois de notre histoire, l'aide aux femmes et aux enfants dépasse celle aux personnes âgées », a souligné Cyril Meunier. En cinq ans, les dépenses consacrées à l'enfance et à la protection maternelle et infantile sont passées de 160 à 237 millions d'euros.

Dans le même temps, le Département accompagne 2 856 mineurs confiés à l'aide sociale à l'enfance, dont 1 609 dans le cadre de placements judiciaires. Cette hausse met les structures d'accueil sous forte pression. Kléber Mesquida a lancé un appel direct aux élus du territoire : « On recherche des locaux, je fais un appel à tous les élus dans vos territoires respectifs. »

Un budget toujours plus contraint

Face à des finances sous extrême tension, le président de la collectivité avait prévenu : « Nous ne pourrons pas accompagner toutes les actions et tous les projets, il faudra encore faire des économies. » Un avertissement qui accompagne un budget que Cyril Meunier a qualifié de « toujours aussi contraint ».

Au-delà des équilibres budgétaires, la capacité du Département à trouver de nouvelles solutions d'accueil pour les enfants les plus fragiles apparaît comme l'une de ses urgences majeures.

Autres décisions du Conseil départemental

Lors de cette séance, Audrey Imbert, conseillère départementale du canton de Mèze, a exprimé son mécontentement après avoir été écartée de la présidence du syndicat Hérault Énergies. Elle a laissé entendre que sa candidature aux prochaines sénatoriales pourrait expliquer son éviction. Kléber Mesquida a confirmé son choix sans rendre publiques les raisons. Audrey Imbert devrait contester cette décision devant le tribunal administratif.

Kleber Mesquida a également remercié le nouveau maire de Grabels, Pascal Heymes, d'avoir retiré les recours de la commune contre le projet routier LIEN (évitement nord de Montpellier). L'ancien maire René Revol avait multiplié les actions en justice, générant un surcoût de 12,7 millions d'euros selon le Département.

Le futur collège de Maraussan, aux portes de Béziers, portera le nom de Madeleine Laissac, institutrice, résistante et première femme députée de l'Hérault, élue en 1951. Ce sera le 83e collège du département.

Enfin, après la crise du norovirus qui a durement frappé les conchyliculteurs héraultais cet hiver, le Département accorde une exonération des redevances portuaires 2026, pour un montant de 120 000 euros. Yvon Pellet a indiqué que les aides votées précédemment venaient d'être versées.

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Les élus ont fixé à 4,60 euros le prix du repas dans les collèges. Grâce à la tarification sociale, ce montant peut être ramené à 4,30, 3,50, 2,50 ou même 1 euro selon le quotient familial. Renaud Calvat a rappelé que 75 % des produits servis proviennent de circuits courts et que 42 % sont issus de l'agriculture biologique.