La Cour de cassation a définitivement clos le dossier judiciaire visant le réalisateur Luc Besson, en refusant de rouvrir l'enquête pour viol qui le concernait. La décision, rendue publique le 23 juin 2026, met un terme aux poursuites engagées par une plaignante qui accusait le cinéaste de viol.
Les faits et la procédure judiciaire
L'affaire remonte à 2018, lorsqu'une comédienne de 27 ans avait porté plainte contre Luc Besson pour viol, affirmant avoir été droguée puis violée par le réalisateur dans un hôtel parisien. L'enquête préliminaire avait été classée sans suite en 2019 par le parquet de Paris, faute de preuves suffisantes. La plaignante avait alors tenté de relancer la procédure en déposant une demande de réouverture de l'enquête, soutenue par des éléments qu'elle estimait nouveaux.
En 2021, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait rejeté cette demande, confirmant le classement sans suite. La plaignante s'était pourvue en cassation, mais la plus haute juridiction judiciaire française a confirmé la décision de la cour d'appel, estimant que les éléments présentés ne constituaient pas des charges suffisantes pour justifier une réouverture.
La décision de la Cour de cassation
Dans son arrêt, la Cour de cassation a jugé que les arguments de la plaignante ne permettaient pas de remettre en cause l'analyse des juges d'appel. Selon la décision, les faits dénoncés ne pouvaient être qualifiés de viol au sens pénal, faute de preuve de contrainte, menace ou surprise. La Cour a également souligné que la plaignante n'avait pas apporté d'éléments nouveaux suffisamment probants pour justifier une réouverture.
Cette décision est définitive et ne peut faire l'objet d'aucun recours. Pour Luc Besson, il s'agit d'une confirmation de son innocence présumée, après plusieurs années de procédure. L'avocat du réalisateur, Me Thierry Marembert, a salué une décision « conforme au droit et à la vérité ».
Réactions et impact
La plaignante, par l'intermédiaire de son avocate, Me Sarah Mauger-Poliak, a exprimé sa déception et son sentiment d'injustice. Selon elle, cette décision illustre les difficultés rencontrées par les victimes de violences sexuelles pour obtenir justice. Elle a rappelé que « la parole des femmes est trop souvent mise en doute ».
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole sur les violences sexuelles dans le milieu du cinéma, notamment avec le mouvement #MeToo. Luc Besson, réalisateur de films à succès comme Le Grand Bleu ou Lucy, avait vu sa carrière entachée par ces accusations, bien qu'il les ait toujours fermement niées.
Sur le plan juridique, cette décision confirme la difficulté de prouver des viols en l'absence de témoins ou de preuves matérielles. Selon les statistiques du ministère de la Justice, seulement 10 % des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation en France. Ce taux faible est souvent critiqué par les associations féministes, qui réclament des réformes pour mieux protéger les victimes.
Conclusion
Le rejet de la réouverture de l'enquête par la Cour de cassation met un point final à cette affaire judiciaire. Pour Luc Besson, c'est une victoire juridique, tandis que pour la plaignante, c'est une nouvelle étape dans un parcours judiciaire semé d'embûches. Cette affaire rappelle les défis persistants dans la lutte contre les violences sexuelles, tant sur le plan de la preuve que de la prise en charge des victimes.



