Un nouveau rapport alerte sur la situation des jeunes adultes handicapés en France. Entre 7 700 et 10 000 jeunes de plus de 20 ans seraient encore maintenus dans des établissements conçus pour les enfants, faute de places dans les structures pour adultes. Ce constat, jugé "préoccupant" par les auteurs, met en lumière une carence chronique dans l'offre d'hébergement et d'accompagnement pour les personnes handicapées après 20 ans.
Un phénomène persistant
Le rapport, remis aux ministères concernés, montre que ce phénomène n'est pas nouveau mais qu'il perdure malgré les annonces gouvernementales. Les jeunes concernés, souvent polyhandicapés ou avec des troubles du spectre autistique, restent dans des instituts médico-éducatifs (IME) ou des maisons d'enfants à caractère social (MECS) bien après l'âge limite légal de 20 ans. Cette situation entraîne un engorgement des structures pour enfants, qui ne peuvent plus accueillir de nouveaux arrivants, et une inadéquation des prises en charge pour les jeunes adultes.
Des conséquences multiples
Le maintien de ces jeunes dans des établissements pour enfants a des conséquences négatives à plusieurs niveaux. D'une part, il freine leur développement personnel et leur autonomie, car ils ne sont pas préparés à la vie adulte. D'autre part, il bloque l'accès aux soins et à l'éducation pour les enfants plus jeunes, qui se voient refuser l'entrée dans des structures saturées. Enfin, il représente un coût supplémentaire pour la société, car ces places en établissements pour enfants sont plus coûteuses que les solutions pour adultes.
Des solutions insuffisantes
Le rapport pointe du doigt le manque de places dans les structures pour adultes, comme les foyers d'accueil médicalisé (FAM) ou les maisons d'accueil spécialisées (MAS). Malgré les plans de création de places annoncés par le gouvernement, les besoins restent immenses. Les associations de familles dénoncent un "parcours du combattant" pour trouver une solution adaptée à leurs enfants devenus grands. Elles réclament un plan d'urgence pour créer des places et une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire, médico-social et social.
Des pistes d'amélioration
Le rapport propose plusieurs pistes pour remédier à cette situation. Il préconise notamment de développer des solutions intermédiaires, comme des appartements partagés avec accompagnement, ou des dispositifs d'insertion professionnelle adaptés. Il suggère également de renforcer la formation des professionnels pour mieux accompagner les jeunes adultes handicapés. Enfin, il appelle à une meilleure évaluation des besoins au niveau local, afin d'adapter l'offre à la demande.
Les ministres concernés ont promis une réponse dans les prochains mois, mais les associations restent sceptiques face à l'ampleur du défi. Elles rappellent que derrière les chiffres, ce sont des milliers de familles qui vivent une situation difficile, souvent dans l'urgence et le désarroi.



