À Bordeaux, Médecins du monde soigne 1 700 précaires par an
Bordeaux : Médecins du monde soigne 1 700 précaires

Chaque année, près de 1 700 personnes confient leur santé et leur vie précaires aux bons soins des bénévoles du dispensaire bordelais de Médecins du monde. Si le désert médical gagne peu à peu du terrain partout à travers l’Hexagone, ceux-là l’auront souvent traversé dans les grandes largeurs de la planète entière.

Des mois d'errance sans soins

« Des mois ou des années d’errance, parfois sans le moindre soin », souffle le docteur François Garcia à l’heure d’assurer sa permanence hebdomadaire au QG bordelais de l’association Médecins du monde. Devenu bénévole au terme d’une carrière de généraliste en ville, le septuagénaire y voit depuis littéralement défiler toute la misère du monde. Petite ou grande, au gré des 1 700 personnes chaque année accueillies par la quinzaine de praticiens se relayant à l’ombre du dispensaire établi dans le quartier Bacalan.

Un accueil global

Ce matin-là, une vingtaine de précaires qu’il faudra répartir entre l’aide sociale, administrative et purement médicale. « L’immense majorité de nos patients viennent d’un pays étranger, beaucoup de migrants abîmés par la route tortueuse de l’exil, que ce soit physiquement ou psychologiquement », explique Corinne Vincent, la coordinatrice de ce lieu officiellement nommé Centre d’accueil de soins et d’orientation (Caso). « C’est aussi pour nous l’occasion de leur parler santé sexuelle, contraception ou de dépistage rapide de MST. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Mettre en confiance

Faute d’accès à la moindre couverture médicale lorsque, par exemple, la demande d’asile n’a pas encore pu être déposée, les plus mal en point repartiront avec le traitement ad hoc en poche, annuellement quelque 6 000 boîtes de médicaments directement tirées de la petite pharmacie dont dispose le centre. « Des choses assez basiques, antidouleurs, antibiotiques ou remèdes contre le diabète », précise François Garcia. « Mais le premier geste, avant même de soigner, est de mettre en confiance ces gens souvent traumatisés par leur parcours. »

D’où, au passage, l’onéreux mais indispensable recours à cette plateforme d’interprètes traduisant en direct et au téléphone l’essentiel des langues parlées dans le monde. « Parce que moi, je ne maîtrise toujours pas le mongol », sourit le French docteur. « Si la plupart ont des pathologies classiques, d’autres souffrent de maux bien plus aigus liés à leur périple, qu’il s’agisse de maladies cardiovasculaires, de problèmes respiratoires, cutanés ou d’hépatites. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale