Depuis un décret adopté début avril, les particuliers de plus de 70 ans qui emploient une aide à domicile doivent désormais payer davantage. L'exonération qui allégeait leurs cotisations patronales a été supprimée pour cette tranche d'âge. L'âge ouvrant droit à cet avantage a été relevé de 70 à 80 ans, une mesure qui concerne 348 000 employeurs, selon Julie L'Hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), interrogée par Le Parisien.
Qui est concerné par cette mesure ?
Jusqu'à présent, toute personne employant une aide à domicile pour le ménage, les courses, la préparation des repas ou l'accompagnement pouvait bénéficier de ce coup de pouce. Désormais, le reste à charge sera plus important, avec une application rétroactive au 1er janvier 2026 dans certains cas. Cela concerne notamment les ménages qui passent par un prestataire de services. Pour les particuliers employeurs qui salarient directement leur aide à domicile, le ministère indique appliquer une tolérance jusqu'au 1er juillet.
Des exceptions existent toutefois, comme le note Notre Temps : la mesure ne concerne pas les personnes dont le besoin d'aide est lié à une perte d'autonomie ou à un handicap. Sont ainsi exclus les bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), de la Prestation de compensation du handicap (PCH), les titulaires d'une carte d'invalidité, les personnes reconnues avec un taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou encore les parents d'un enfant handicapé.
Quel impact pour les particuliers ?
Si le gain pour les finances publiques reste modeste – estimé à 100 millions d'euros – les conséquences pour les ménages sont significatives. « Dans notre secteur, le salaire horaire net moyen est de 14 euros. Jusqu'au 10 avril, pour ces 14 euros net, une fois appliquées l'exonération de cotisation patronale et le crédit d'impôt de 50 %, les plus de 70 ans ne payaient que 10,62 euros. Désormais, il faut débourser 12,21 euros jusqu'à 80 ans. Soit une hausse de 15 % », souligne la présidente de la Fepem.
Pour justifier cette réforme, le ministre des Comptes publics a fait valoir que le critère d'âge n'avait pas évolué depuis 1987. Avec l'allongement de l'espérance de vie, celui-ci ne correspondrait plus pleinement à son objectif de soutien aux personnes réellement en perte d'autonomie, assure-t-il.



