Selon le collectif Une école, un avenir, 80 enfants dorment régulièrement dans la rue à Montpellier. Des associations, sous la houlette de cette plateforme, ont manifesté le 6 juin dernier devant la préfecture et l'Hôtel de Ville pour alerter les autorités. Malgré la présence du maire et du préfet qui accueillaient François Bayrou et huit ministres à la Mosson, les manifestants n'ont pu être entendus, bien qu'une lettre leur ait été adressée.
Des familles en situation de grande précarité
Monique Demante, membre d'Une école, un avenir, dénonce : « Il y a de plus en plus de parents dans des situations précaires qui dorment dans le tunnel de la Comédie ou à Agropolis. 80 enfants dorment régulièrement à la rue alors qu'il existe plein de bâtiments inoccupés ! » Ces enfants, dont les parents sont souvent sous OQTF ou sans domicile fixe, subissent une situation qu'ils n'ont pas choisie.
Des enfants hébergés au CADA et sans papiers
C'est le cas de Bora, 7 ans, et de son petit frère de 4 ans. Scolarisés en primaire et maternelle, ils sont hébergés provisoirement dans un Centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). Arrivés d'Albanie en 2022, leur mère explique : « C'est la violence de la famille de mon mari qui nous a poussés à quitter le pays. J'ai appelé tous les jours le 115 pendant un an jusqu'à obtenir un hébergement au CADA. » Après le rejet de leur demande d'asile, le couple est sous OQTF. Sans titre de séjour ni numéro de Sécurité sociale, ils ne peuvent pas travailler. La mère est bénévole à la Croix-Rouge et à Jasmin d'Orient. « Les enfants sont angoissés sans maison… Ma fille ne comprend pas. Elle me dit que les policiers sont gentils en France. » La famille reçoit l'aide de la directrice d'école qui leur fait les courses chaque semaine. Une solidarité s'était aussi organisée à l'école Jules-Verne en début d'année, avec des parents d'élèves occupant l'établissement pour trouver une solution d'hébergement pour une famille restée à la rue près de 200 jours.
À l'hôtel et dans la rue avec un bébé de quatre mois
Loan et Lena, sans domicile fixe, ont la chance de vivre à l'hôtel depuis décembre 2024, alors que Lena était enceinte de sept mois. Originaires de Haute-Savoie, ils ont tout perdu après une descente dans la toxicomanie. Loan raconte : « J'étais dépressif après une séparation, mon meilleur ami vendait de la cocaïne… Ça va très vite. » Lena a perdu la garde de son fils aîné, puis leur emploi et leur logement. Ils ont décidé de changer de région pour rompre avec ce cycle. Après plusieurs cures de désintoxication et rechutes, ils sont arrivés à Montpellier en septembre et ont réussi à arrêter sous la menace de perdre la garde de leur bébé. « On nous a dit qu'on nous prendrait notre petit. C'est hors de question. » Le bébé dort paisiblement dans un landau de fortune sur l'esplanade. Loan ajoute : « On a un gros suivi de soin. Je fais des tests d'urine tous les quinze jours pour prouver mon abstinence. On est vraiment aidé depuis qu'on est ici. » Bien que leur bébé ait un toit la nuit, la situation reste précaire. Loan reste optimiste : « On s'est enfoncé tous les deux, maintenant on s'élève tous les deux. »
Des pétitions pour trouver des solutions
Née dans le sillage d'Une école, un avenir, la plateforme Un Toit, un avenir a lancé quatre pétitions pour trouver des solutions à quatre familles menacées d'expulsion, dont les enfants sont nés ou scolarisés à Montpellier. Les associations appellent à une mobilisation urgente pour sortir ces enfants de la rue.



