Le 10 m² parisien de Léa, jeune avocate : une salle de bains sur l'étagère du bas
Le 10 m² parisien de Léa : salle de bains sur étagère

À 26 ans, Léa est avocate stagiaire dans un cabinet parisien. Son studio de 10 mètres carrés, situé dans le 10e arrondissement, est un exemple frappant de la crise du logement à Paris. Pour s'offrir un loyer de 750 euros par mois, elle a accepté des conditions de vie spartiates : sa salle de bains se résume à une douche installée sur l'étagère du bas de sa bibliothèque, avec un rideau de douche en guise de séparation.

Un aménagement extrême dans un espace minuscule

Le studio, loué via une agence immobilière, ne dispose pas de pièce d'eau traditionnelle. La propriétaire a fait installer un receveur de douche à même le sol, sous une étagère. Les toilettes sont situées dans un placard. « C'est un peu comme vivre dans une cabine de bateau », explique Léa. « Je dois tout ranger méticuleusement, et chaque centimètre compte. »

Selon une étude de l'Observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (Olap), le prix moyen au mètre carré pour un studio à Paris est de 28 euros. Pour un 10 m², cela représenterait un loyer de 280 euros, mais les petites surfaces sont souvent louées à des prix bien supérieurs. Léa paie 75 euros du mètre carré, soit près de trois fois le prix moyen.

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Un phénomène croissant chez les jeunes actifs

Le cas de Léa n'est pas isolé. De nombreux jeunes actifs acceptent des logements exiguës pour rester dans la capitale. « Je gagne 2 000 euros net par mois, et je ne peux pas me permettre de payer plus de 800 euros de loyer », confie-t-elle. « La colocation ne me convenait pas à cause de mes horaires de travail irréguliers. »

L'Agence nationale pour l'information sur le logement (Anil) estime que 30 % des jeunes de moins de 30 ans vivent dans des logements de moins de 15 m² à Paris. La demande de micro-logements ne cesse d'augmenter, poussant les prix à la hausse.

Des solutions alternatives émergent

Face à cette situation, certaines start-up proposent des colocations haut de gamme ou des logements modulables. La mairie de Paris a lancé un plan pour encadrer les loyers, mais les effets se font attendre. « Je sais que je ne resterai pas ici longtemps », dit Léa. « C'est un sacrifice temporaire pour ma carrière. »

Son quotidien est un exercice d'organisation : le lit se replie contre le mur, la table de travail sert de table à manger, et la douche nécessite de déplacer les livres de l'étagère. « Je ne peux pas recevoir d'amis chez moi. Ma vie sociale est dehors », ajoute-t-elle.

Malgré tout, Léa ne regrette pas son choix. « Je suis indépendante et je vis dans le quartier que j'aime. C'est un choix conscient. » Son histoire illustre les compromis que beaucoup de jeunes Parisiens sont prêts à faire pour s'installer dans la capitale.

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