Var : un accusé avoue avoir drogué ses compagnes pour les violer
Var : un accusé avoue avoir drogué ses compagnes

Devant la cour criminelle du Var, à Draguignan, Fabien Amphoux a finalement reconnu ce jeudi 25 juin 2026 avoir drogué ses anciennes compagnes pour les violer pendant leur sommeil. Après avoir nié les faits, y compris en début de procès, il a admis avoir administré du zolpidem, un somnifère, à plusieurs de ses ex-concubines. Le verdict est attendu ce vendredi après-midi.

Cinq victimes, des témoignages poignants

Sur le banc des parties civiles, cinq femmes – Laura, Flavie, Lucie, Ève et Lauriane (prénoms modifiés) – âgées de 27 à 31 ans, se tiennent solidaires. Elles ont toutes croisé Fabien Amphoux au début de leur vie amoureuse. Certaines lui ont donné leur virginité. Toutes ont été violées, y compris Lauriane, qui n'a jamais été en couple avec lui et le considérait comme « un petit frère ».

« Quand j'ai été appelée par les gendarmes, j'étais à mille lieues d'imaginer cela, confie-t-elle en pleurs. J'ai découvert avoir eu un rapport avec lui car on m'a montré une photo de la vidéo. Je n'ai aucun souvenir de cette relation sexuelle. Il a dû mettre quelque chose dans mon verre, j'en suis sûre. Sans la photo, je serais encore dans l'ignorance aujourd'hui. Du coup, je me demande s'il y a d'autres victimes… »

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Des aveux tardifs mais sans équivoque

Fabien Amphoux, qui répond de viols par conjoint et viols après administration de substance à l'insu de ses victimes, a d'abord nié avant de craquer ce jeudi matin. « Je leur dois la vérité, lâche-t-il dans un souffle. Oui, ça m'est arrivé de leur donner. La première fois, c'était par opportunisme. Puis j'ai essayé de revivre cette expérience. Je suis tombé sur ce type de vidéos sur Internet et j'ai franchi le seuil du virtuel. C'est de la folie en fait. Ça me dégoûte. Je me demande comment j'ai pu en arriver là. »

Les cinq vidéos enregistrées par l'accusé et visionnées par la cour ne laissent aucun doute : Flavie, Laura et Lauriane étaient plongées dans un profond sommeil pendant les viols. L'accusé soutenait jusque-là qu'elles étaient inconscientes à cause de l'alcool. « Je donnais un comprimé de zolpidem, jamais plus, dans un verre de jus de fruit ou d'alcool, détaille-t-il. Cinq ou six fois sur la période de la relation pour Flavie et Lucie, de mémoire. »

Des expertises contredisent l'accusé

L'expert en toxicologie contredit cette version : après examen capillaire, il estime que certaines victimes ont reçu « deux à six comprimés par mois » durant leur concubinage. « Un comprimé ne suffit pas à faire sombrer la personne dans un sommeil assez profond pour commettre un tel acte, poursuit l'expert. Mais avec deux ou trois, la personne devient comme une poupée de chiffon à qui on fait ce qu'on veut. »

Lucie, lors de son témoignage, a utilisé exactement le même terme : « poupée de chiffon ». Du zolpidem a été retrouvé dans ses cheveux, mais elle n'a aucun souvenir des faits. Elle se rappelle en revanche les multiples étranglements, « de plus en plus forts », jusqu'à l'évanouissement, qui accompagnaient leurs rapports sexuels. « Parfois deux fois d'affilée… Une fois, je me réveille de douleur. Il était en train de me sodomiser… Puis il me répétait qu'il ne faisait pas exprès, qu'il était désolé. Et moi, je le croyais. C'était mon premier amour… »

Risque de récidive et questionnements

Engoncé dans sa somnophilie, Fabien Amphoux assure avoir pris conscience de son problème après avoir été confronté à ses vidéos par Flavie en juin 2021. Pourtant, il a recommencé avec d'autres femmes. « La reconnaissance des faits n'empêche pas la récidive, précise l'expert psychiatre Philippe Raymondet. Même si, ici, il n'est pas très élevé. Le problème chez Fabien Amphoux n'est pas qu'il désire avoir des relations sexuelles avec des personnes endormies. C'est qu'il passe à l'acte. »

L'avocate générale Justine Poirieux interroge l'accusé : « Que se serait-il passé si vous n'aviez pas été interpellé en juillet 2023 ? » Réponse de Fabien Amphoux : « Je n'aurais pas pu prendre conscience de tout ça je pense. J'ai été arrêté, et c'est tant mieux. C'est bien fait pour moi. » Le verdict sera rendu ce vendredi après-midi.

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