Un réseau de trafic de cocaïne démantelé à Bordeaux après une enquête policière
Une opération judiciaire d'envergure a abouti à la condamnation de cinq individus impliqués dans un trafic de cocaïne à Bordeaux. Le procès s'est tenu mercredi devant le tribunal correctionnel de la ville, révélant les rouages d'une filière criminelle approvisionnée depuis la Guyane.
L'enquête lancée sur la base d'un renseignement anonyme
Tout a commencé avec un renseignement anonyme reçu par les policiers du commissariat de Bordeaux courant 2025. Les autorités ont été alertées qu'un homme surnommé Chocobon serait le chef d'orchestre de ce trafic illicite. Derrière ce pseudonyme se cachait un habitant du quartier de la Benauge, qui a comparu mercredi 18 février devant la justice.
Les enquêteurs ont rapidement identifié ses nombreux passages dans un bâtiment situé allée de la Manufacture, à Villenave-d'Ornon. Ce lieu était suspecté d'être utilisé comme stockage de la drogue. Placé sur écoute, le présumé chef de réseau, déjà condamné huit fois pour d'autres délits, a permis de dessiner une filière d'approvisionnement en provenance directe de la Guyane, d'où sont originaires les cinq prévenus.
Les rôles et profils des accusés
Parmi les accusés, un homme de 33 ans assumait le rôle de mule depuis cinq ans. Chez lui, les forces de l'ordre ont découvert 11 000 euros en liquide, mais aucune drogue. Il a reconnu avoir effectué cinq allers-retours l'année précédente, déclarant depuis le box : « Mon fournisseur allait au Suriname et me donnait 150 grammes d'ovules. J'ai pris des risques pour ma santé. Je ne faisais que le transport, pas la vente. »
Trois autres hommes, âgés de 22, 36 et 42 ans et résidant à Villenave-d'Ornon, Le Bouscat et Bègles, étaient identifiés comme les vendeurs. Ils touchaient un pourcentage sur les ventes réalisées. Le plus jeune, étudiant sans casier judiciaire, a nié toute implication, bien que la mule ait affirmé qu'il lui prenait les ovules expulsés. Un autre, père de trois enfants, a eu du mal à se défendre après la découverte de 400 grammes de cocaïne dans sa chambre. Le plus âgé a reconnu son statut de vendeur seulement depuis le mois de leur arrestation en novembre 2025, témoignant : « L'occasion s'est présentée ; comme un con, j'ai pas réfléchi ! » Cet homme avait déjà été condamné trois fois pour trafic.
Verdict et réactions judiciaires
Malgré un dossier considéré comme étoffé par la procureure Juliette Boy, qui a qualifié la cocaïne de fléau, un angle mort persiste : aucun client n'a été identifié lors de l'enquête. Tous les prévenus ont écopé de trois ans de prison, avec un sursis modulé entre un et deux ans. Ils ont tous été immédiatement placés en détention à l'issue du procès.
Cette affaire met en lumière les mécanismes complexes du trafic de stupéfiants dans la région bordelaise et souligne l'importance de la coopération policière pour démanteler ces réseaux criminels.



