Un surveillant des Baumettes devant la justice pour trafic et fuites d'informations
Nommé à la prison des Baumettes de Marseille après sa formation à l'école de l'administration pénitentiaire, ce surveillant de 28 ans avait mené une carrière discrète pendant plusieurs années. Cependant, cinq ans après son arrivée dans l'établissement pénitentiaire, son activité illicite a été découverte de manière flagrante.
La découverte du trafic en août 2022
En août 2022, lors de sa prise de service, un contrôle de son sac a révélé une marchandise peu réglementaire pour un environnement carcéral. Les agents ont découvert des lotions capillaires, des paquets de bonbons, de la vodka et du charbon à chicha. Lors de son interrogatoire, le surveillant a reconnu introduire ces produits depuis trois mois, à raison de deux à trois fois par semaine.
Il expliquait recevoir un sac remis à son domicile qu'il déposait ensuite dans une poubelle du rez-de-chaussée d'un bâtiment de la prison. Pour ce service rendu aux détenus, il touchait la somme de 150 euros par sac transporté.
La défense du surveillant et les révélations supplémentaires
Jugé vendredi, le surveillant a affirmé avoir agi par peur, sous la menace d'individus qui se présentaient devant la crèche et l'école de ses trois enfants. Je n'avais pas le choix, s'est-il défendu, expliquant que ces personnes menaçaient de s'en prendre à sa famille.
Cependant, la présidente du tribunal a semblé trouver cette version difficile à croire. D'autant que l'enquête a révélé que le maton avait également commis des fraudes en diffusant deux fiches pénales de détenus, contre 200 euros pièce. Ces documents confidentiels ont été transmis illégalement, aggravant les charges pesant contre lui.
Les connexions avec des enquêtes criminelles
Le planning de travail du surveillant a été découvert lors d'une perquisition réalisée dans le cadre d'enquêtes autour d'assassinats. Ces investigations concernaient notamment un homme retrouvé brûlé vif dans le coffre d'un véhicule à l'été 2021, mettant en lumière des liens potentiels avec des réseaux criminels.
Les réquisitions du procureur et la suite de la procédure
Le procureur a requis trois ans de prison dont deux avec sursis à l'encontre du surveillant. Il a également demandé une interdiction définitive de toute fonction publique, ce qui mettrait fin à sa carrière dans l'administration pénitentiaire. Le jugement est attendu pour le 20 mars, date à laquelle le tribunal rendra sa décision sur cette affaire qui éclaire les dérives possibles au sein du système carcéral.
Cette affaire soulève des questions sur la sécurité et l'intégrité du personnel pénitentiaire, ainsi que sur les pressions exercées par des réseaux extérieurs sur les agents. Les Baumettes, établissement connu pour ses défis sécuritaires, se retrouvent une nouvelle fois au cœur d'un scandale mettant en cause un de ses employés.



