Sophia Chikirou jugée pour tentative d'escroquerie : la députée LFI conteste
Sophia Chikirou jugée pour escroquerie présumée en 2018

La députée La France Insoumise (LFI) Sophia Chikirou a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre d'accusations d'escroquerie remontant à 2018, tout en contestant la temporalité de ces poursuites. Tentative de salir une ascension politique ou réelle affaire d'escroquerie ? La députée LFI s'est défendue d'avoir tenté, il y a des années, de faire virer des fonds d'un média qu'elle ne dirigeait plus.

Une affaire qui refait surface

Dans ce dossier dont les faits remontent à 2018, la candidate malheureuse à la mairie de Paris lors des dernières municipales (7,96 % au second tour) était seule à la barre, en jeans gris et veste à carreaux : pas de parties civiles, Sophia Chikirou ayant de longue date passé un accord avec son ancienne webtélé « Le Média » pour convenir de l'abandon des démarches. Après quatre heures à se contenir dans des débats cordiaux, la députée LFI a fini par se tourner vers la procureure et lancer : « Je n'arrive vraiment pas à comprendre pourquoi vous avez choisi le moment où j'étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir cette affaire. […] Vous avez clos ce dossier, cette enquête, il y a des années, cinq ans. Pourquoi avoir attendu tout ce temps-là ? »

Dominique Tricaud, l'avocat de la députée, a également plaidé pour la relaxe, qualifiant le dossier de « poison politique » et affirmant : « Si on avait voulu la cochonner, on ne s'y serait pas pris autrement. »

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Tentative de tromper la banque Crédit du Nord ?

L'accusation reproche à Sophia Chikirou, quarante-six ans aujourd'hui, d'avoir tenté de tromper la banque Crédit du Nord en juillet 2018, au préjudice du site d'actualité « Le Média », qu'elle avait cofondé. Il lui est reproché d'avoir tenté de faire transférer 67 146 euros du compte de la webtélé à Médiascope, sa société de conseil à l'époque, ainsi que d'avoir subtilisé deux chèques. Sophia Chikirou savait-elle qu'elle venait d'être démise de ses fonctions de présidente de la Société de production Le Média (SDPLM) au moment où elle effectue ces démarches en banque ?

L'audience, pour répondre à cette question, a offert à coups de courriels internes, de SMS et de dissection d'assemblées générales houleuses, une plongée dans les coulisses du média, à l'époque rongé par les dissensions intestines. À partir du 27 juillet 2018, date du rendez-vous à la banque, « elle sait qu'elle n'est plus présidente » et « elle usurpe la qualité de présidente de la SDPLM » pour demander un virement, finalement non abouti, a estimé la représentante du ministère public, évoquant également des « faisceaux d'indices » concernant la soustraction des deux chèques.

« Ce n'est pas l'affaire du siècle, c'est un contentieux qui aurait pu être soldé autrement », a reconnu la procureure, requérant toutefois une peine d'amende « proportionnée au montant de la facture qu'elle cherchait à se faire rembourser ». Elle n'a en revanche pas requis une peine d'inéligibilité, encourue dans ce genre d'affaires, « au vu de l'ancienneté des faits, de la gravité limitée et vu que personne n'est présent comme victime ».

Un différend commercial entre deux sociétés ?

La défense évoque un différend commercial entre deux sociétés, sur fond de départ tendu de Sophia Chikirou. Cette dernière a assuré qu'elle n'avait appris sa mise à l'écart que par un SMS du psychanalyste Gérard Miller, cofondateur du Média, le 27 juillet en fin d'après-midi, soit après son premier rendez-vous à la banque. « La thèse, c'était que la décision de révoquer Sophia Chikirou avait été prise le 24 juillet et que tout ce qui se déroule ensuite, c'est de l'escroquerie. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça », a plaidé Dominique Tricaud.

À la barre, la députée de Paris s'est dite impatiente de « mettre un terme » à ce dossier. « Moi, j'ai vécu huit ans de harcèlement médiatique, huit ans d'injures sans arrêt. […] Honnêtement, j'essaie de vivre comme si c'était la fin de cette histoire », a-t-elle conclu. La décision est attendue le 8 juin.

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