Un interrogatoire identique à celui de première instance
Le jeudi 19 février, devant la cour d'assises spéciale de Paris, Abdelhakim Sefrioui a été interrogé dans le cadre du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty. Son attitude et ses arguments ont été strictement identiques à ceux présentés lors de son premier procès, qui s'était conclu le 20 décembre 2024 par une condamnation à quinze ans de réclusion criminelle.
Une stratégie de défense immuable
À 66 ans, Sefrioui apparaît inchangé depuis sa condamnation pour implication dans la campagne de haine ayant conduit à la mort du professeur d'histoire-géographie le 16 octobre 2020. Contrairement à son co-accusé Brahim Chnina, qui a reconnu une part de responsabilité, Sefrioui maintient une position rigide sans la moindre concession.
Il conteste fermement l'infraction d'« association de malfaiteurs terroriste » qui lui est reprochée, invoquant la complexité juridique de cette qualification. La cour devra déterminer si l'entente entre les deux hommes pour accuser Samuel Paty de blasphème, dans un contexte de menace terroriste liée aux caricatures, constitue bien cette infraction.
Absence totale de remords
Abdelhakim Sefrioui ne reconnaît aucune erreur, aucune maladresse, et surtout aucune responsabilité morale dans la mort de l'enseignant. Même un lapsus révélateur lors de ses premiers mots à la famille Paty – où il a commencé à dire « excuses » avant de se reprendre en « condoléances » – n'a pas infléchi sa position.
Son interrogatoire a confirmé son profil d'ergoteur infatigable, maître des digressions et des circonlocutions, reproduisant exactement la même stratégie qu'en première instance. La cour d'assises spéciale devra maintenant décider si elle confirme ou infirme le raisonnement qui avait prévalu lors du premier jugement.



