Révisions criminelles en France : retour sur les affaires emblématiques
Révisions criminelles : les affaires emblématiques en France

Les révisions de condamnations criminelles restent exceptionnelles en France. Jeudi 2 juillet 2026, la Cour de révision a annulé la condamnation à perpétuité de Dany Leprince pour le quadruple meurtre commis dans la Sarthe en 1994 et ordonné un nouveau procès. Le même jour, elle a rejeté la demande de réhabilitation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, décédés, condamnés pour un meurtre en 1946. Depuis 1945, seule une douzaine de procédures de révision ont abouti. Voici les principales affaires.

Farid El Hairy (2022)

La justice annule en 2022 la condamnation à cinq ans de prison (dont 4 ans et 2 mois avec sursis) prononcée fin 2003 contre Farid El Hairy pour un viol de mineure dans le Nord, suite à la rétractation de son accusatrice. Le quadragénaire est déclaré « lavé de toute condamnation ».

Christian Iacono (2015)

L’ex-maire de Vence (Alpes-Maritimes) est acquitté en 2015 de viols sur son petit-fils. Sa condamnation à neuf ans de prison, en 2009 puis en appel deux ans plus tard, avait été annulée car son petit-fils s’était finalement rétracté. Le médecin radiologiste a passé 16 mois en prison.

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Abdelkader Azzimani et Abdelrrahim El Jabri (2014)

Tous deux sont acquittés en 2014, après 12 et 13 ans derrière les barreaux. Leur condamnation à 20 ans de réclusion en 2004 pour le meurtre d’un jeune dealer dans l’Hérault avait été annulée après la mise en cause d’un nouveau suspect par une expertise ADN. Deux autres hommes ont été condamnés en 2013 à 20 ans de réclusion.

Marc Machin (2012)

Condamné à 18 ans de réclusion pour le meurtre d’une femme en 2001 dans les Hauts-de-Seine, il est acquitté au terme de son troisième procès en 2012, après avoir passé six ans et demi en détention. Sa condamnation avait été annulée parce que le véritable auteur du meurtre s’était dénoncé. Marc Machin purge actuellement une peine de 16 ans de réclusion pour un viol commis en 2018.

Loïc Sécher (2011)

L’ancien ouvrier agricole de Loire-Atlantique est acquitté en 2011 à l’issue de son procès en révision, après avoir passé plus de sept ans en prison. Sa condamnation de 2003 à 16 ans de réclusion pour les viols d’une mineure avait été annulée après que celle-ci eut retiré ses accusations.

Patrick Dils (2002)

Condamné en 1989 à la réclusion à perpétuité pour les meurtres de deux enfants trois ans plus tôt à Montigny-lès-Metz (Moselle), il est de nouveau condamné après révision, à 25 ans en 2001, puis acquitté en appel l’année suivante, après 15 ans de détention. Le tueur en série Francis Heaulme est définitivement condamné depuis 2020 pour ces deux meurtres.

Rida Daalouche (1999)

Ce Tunisien est acquitté en 1999 après avoir été condamné à 14 ans de réclusion criminelle pour un meurtre à Marseille, et avoir passé plus de cinq ans en prison. Sa condamnation avait été annulée après qu’il avait pu étayer son alibi.

Guy Mauvillain (1985)

Condamné à 18 ans de réclusion en 1975 pour le meurtre d’une vieille dame à La Rochelle (Charente-Maritime), il est rejugé et acquitté en 1985.

Roland Agret (1985)

Condamné à 15 ans de réclusion en 1973 pour l’assassinat d’un garagiste dans le Gard, il obtient la révision de son procès après avoir observé en prison une grève de la faim de plus d’un an, avoir été libéré en 1977 par grâce présidentielle pour raisons médicales, puis s’être mutilé deux doigts. Il est acquitté en 1985.

Jean-Marie Deveaux (1969)

Ce garçon boucher, condamné à 20 ans de réclusion en 1963 pour le meurtre de la fille de ses employeurs près de Lyon, est rejugé et acquitté en 1969.

Jean Deshays (1955)

Ce docker, accusé d’avoir assassiné un fermier et condamné à 20 ans de travaux forcés en 1949, est rejugé et acquitté en 1955.

Pouvanaa A Oopa (2018, à titre posthume)

Autre décision avant tout symbolique, car rendue 41 ans après le décès de l’intéressé : la Cour de révision a annulé en 2018 la condamnation à la prison et à l’exil de ce parlementaire autonomiste polynésien, accusé soixante ans plus tôt d’avoir donné l’ordre d’incendier Papeete. La justice a « déchargé sa mémoire ».

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