Un réseau d'ultradroite démantelé pour trafic d'armes et projets violents
Un réseau criminel impliquant sept hommes, dont un militaire en activité et un ancien policier à la retraite, liés à la mouvance d'ultradroite, a été démantelé par les autorités judiciaires. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis un procès devant le tribunal correctionnel pour six d'entre eux et une audience devant le tribunal pour enfants pour le septième, mineur au moment des faits. Ce groupe est accusé d'avoir organisé un trafic d'armes et, pour la majorité de ses membres, d'avoir envisagé des actions violentes inspirées par une idéologie d'extrême droite radicale.
Un trafic d'armes organisé au profit de l'ultradroite
Selon les éléments de l'enquête, le militaire, affecté dans un régiment entre Tours et Angers, se fournissait en armes auprès de l'ancien policier retraité, qui avait servi dans des services d'enquête et de renseignement. Ces armes étaient ensuite vendues par colis à des clients appartenant à la mouvance ultradroite, alimentant ainsi des flux financiers importants pendant plusieurs années. Lors d'une perquisition au domicile du caporal, les forces de l'ordre ont découvert un drapeau arborant un soleil noir, symbole mystique nazi, ainsi que des dizaines de munitions et d'armes.
Des projets violents ciblant des mosquées
Sur un groupe de discussion de la messagerie cryptée Telegram, certains des accusés ont évoqué des mosquées comme cibles potentielles d'actions violentes. Le militaire a également précisé son intention d'organiser un stage de formation au combat, révélant ainsi la dimension opérationnelle de leurs projets. Le Pnat a requis que le militaire et un autre accusé, Hisham L., soient jugés pour association de malfaiteurs terroriste, acquisition et détention d'armes en relation avec une entreprise terroriste, et, pour ce dernier, fabrication d'engins explosifs.
L'ultradroite, une menace protéiforme et grandissante
Le parquet national antiterroriste a souligné que la menace d'ultradroite radicale violente fait l'objet d'une attention toute particulière. Elle se nourrit du climat d'anxiété présent dans certains pans de la société et des appels à l'isolement qui l'accompagnent. Le Pnat note une croissance continue dans les procédures judiciaires ouvertes liées à l'ultradroite, avec trois d'entre elles en 2025 concernant des attentats déjoués et, pour la première fois, une procédure portant sur un attentat mortel commis à Puget-sur-Argens, dans le Var.
Les autres procédures sont relatives à la mouvance dite « incel », ces « chastes involontaires » aux projets violents contre les femmes, ou à la mouvance survivaliste. Cette menace est décrite comme l'une des plus préoccupantes par les services français et leurs partenaires étrangers, en raison de sa diffusion dynamique sur les réseaux sociaux et les plateformes du dark web.
Des motivations mercantiles et idéologiques
L'enquête n'a pas permis de démontrer que l'ancien policier s'était livré au trafic d'armes en relation avec une entreprise terroriste, mais plutôt qu'il l'avait entrepris dans une dynamique mercantile. Toutefois, il a affiché à de multiples reprises ses idées racistes et homophobes et collectionnait des objets nazis, illustrant ainsi l'imbrication des motivations financières et idéologiques au sein de ce réseau.
Les avocats de la défense n'ont pas souhaité commenter à ce stade ou n'ont pu être joints dans l'immédiat. Il revient désormais au juge d'instruction de trancher sur la tenue d'un procès, marquant une étape cruciale dans la lutte contre l'extrémisme violent en France.



