Depuis que Marine Le Pen a pris la présidence du Front National (devenu Rassemblement National) en 2011, le parti d'extrême droite a été confronté à une quinzaine d'affaires judiciaires. La plus retentissante est celle des assistants parlementaires européens, qui a conduit à une condamnation de Marine Le Pen à quatre ans de prison, dont deux ferme, et à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.
Une accumulation d'enquêtes
Selon les données compilées par Le Monde, ces affaires couvrent des domaines variés : financement illicite de campagne, abus de confiance, escroquerie, ou encore prise illégale d'intérêts. Plusieurs figures du parti, dont Marine Le Pen elle-même, sont mises en examen ou condamnées.
L'affaire des assistants parlementaires européens, ouverte en 2015, porte sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen. Le Parquet national financier estime le préjudice à près de 7 millions d'euros. Marine Le Pen a été condamnée en première instance en mars 2025, une décision qu'elle a fait appel.
D'autres dossiers sensibles
Le parti est également visé par une enquête sur le financement de ses campagnes présidentielles de 2017 et 2022, avec des soupçons de surfacturation et de fausses factures. En 2023, une perquisition au siège du RN a été menée dans le cadre de cette affaire.
Par ailleurs, l'enquête sur le "Rassemblement bleu Marine" (RBM), un micro-parti créé pour financer la campagne de 2012, a abouti à une condamnation de Marine Le Pen pour abus de confiance en 2019. Elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende.
Des conséquences politiques
Ces affaires ont des répercussions directes sur la vie politique. La peine d'inéligibilité de Marine Le Pen, si elle est confirmée en appel, pourrait l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2027. Selon un sondage Ifop de juin 2025, 58 % des Français estiment que ces affaires devraient l'empêcher de briguer la présidence.
Le RN dénonce régulièrement une "instrumentalisation de la justice". Dans un communiqué, le parti affirme que "ces procédures sont politiques et visent à entraver le vote des Français".



