Un rêve cinématographique transformé en cauchemar administratif
Un retraité italien passionné de cinéma a vécu une aventure judiciaire éprouvante après avoir réalisé son rêve de participer au tournage d'un grand film hollywoodien. La cour d'appel de Bologne vient de rendre un verdict favorable à cet habitant de Modène, mettant fin à deux années de procédure contre l'administration italienne.
Une participation modeste au film Ferrari
En 2022, cet Italien de 64 ans a été sélectionné pour apparaître brièvement dans le long-métrage Ferrari réalisé par Michael Mann. Le film met en scène des stars internationales comme Adam Driver, Shailene Woodley et Penelope Cruz. Pour deux jours de présence sur le plateau en tant que figurant, l'homme a perçu la modeste somme de 300 euros, selon les informations rapportées par le Corriere di Bologna.
L'administration réclame 34 000 euros
Quelques mois après cette expérience cinématographique, le cauchemar administratif a commencé. L'Istituto nazionale della previdenza sociale, le système public de retraite italien, a considéré que cette activité constituait un travail indépendant. L'administration a donc réclamé au retraité une année entière de cotisations, s'élevant à 34 000 euros.
La situation était particulièrement délicate car l'homme avait pris sa retraite anticipée en 2020, à l'âge de 62 ans, après 38 années d'activité professionnelle. En tant que bénéficiaire du système « quota 100 », il n'avait théoriquement pas le droit de travailler tout en percevant sa pension, du moins jusqu'à l'âge légal de la retraite fixé à 67 ans en Italie.
La justice donne raison au retraité
Après deux longues années de procédure, la cour d'appel de Bologne a finalement tranché en faveur du retraité. Les juges ont estimé que son activité sur le plateau de tournage ne pouvait être qualifiée de véritable travail.
Dans son arrêt, la cour a précisé : « L'activité décrite n'impliquait pas l'exécution de tâches particulières, si ce n'est de se positionner sur le plateau de tournage avec d'autres personnes. Aucune directive n'a été donnée par qui que ce soit concernant les méthodes de travail, précisément parce qu'aucune activité n'était envisagée. »
Les magistrats ont conclu que, tout au plus, cette performance pouvait être qualifiée de « travail indépendant occasionnel », parfaitement cumulable avec le versement d'une pension de retraite.
Un précédent important pour les retraités
Cette décision de justice établit un précédent significatif concernant les activités occasionnelles des retraités italiens. Elle distingue clairement les véritables activités professionnelles des participations ponctuelles à des projets artistiques ou culturels.
Le retraité, qui avait vécu cette expérience cinématographique comme un rêve devenu réalité, peut désormais tourner la page sur ce long contentieux administratif. Son apparition fugace dans le film Ferrari restera finalement un souvenir positif, même s'il a été marqué par cette épreuve judiciaire inattendue.



