Une décision de relaxe en appel
La cour d'appel de Versailles a prononcé le 6 juillet 2026 la relaxe de Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), poursuivi pour agression sexuelle sur une jeune femme. Les juges ont estimé que les éléments présentés ne permettaient pas d'établir la culpabilité au-delà d'un doute raisonnable.
Dominique Boutonnat était accusé d'avoir imposé des baisers forcés et des attouchements à une comédienne de 24 ans lors d'un rendez-vous professionnel en 2023. En première instance, le tribunal correctionnel de Nanterre l'avait condamné à 18 mois de prison avec sursis en janvier 2025. L'avocat général avait requis en appel une peine de 12 mois avec sursis.
Les motifs de la relaxe
La cour a relevé des contradictions dans le récit de la plaignante, notamment sur la chronologie des faits et l'absence de témoins directs. Selon l'arrêt consulté par l'AFP, « les déclarations de la partie civile n'ont pas été jugées suffisamment corroborées par les éléments objectifs du dossier ». Les juges ont également souligné que l'expertise psychologique de la plaignante ne présentait pas de signes de traumatisme spécifique.
L'avocate de Dominique Boutonnat, Me Julia Minkowski, a salué une décision « conforme au droit et à la présomption d'innocence ». Elle a ajouté : « Mon client a toujours nié les faits et cette relaxe met fin à une épreuve de trois ans. »
Les réactions à la décision
La partie civile a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Son avocate, Me Carine Durrieu, a dénoncé une « décision qui banalise les violences sexuelles » et a estimé que « la parole des victimes est une fois de plus remise en cause ». Selon elle, « 85 % des plaintes pour agression sexuelle font l'objet d'un classement sans suite ou d'une relaxe, ce qui décourage les victimes de porter plainte ».
Des associations féministes ont également réagi, déplorant que la justice « ne prenne pas suffisamment en compte la spécificité des violences sexuelles ». Le collectif #MeTooCinéma a appelé à une réforme de la procédure pénale pour mieux protéger les plaignantes.
Le contexte judiciaire
Dominique Boutonnat, qui a dirigé le CNC de 2019 à 2024, avait été mis en examen en 2023 après le dépôt de plainte de la jeune femme. Il avait démissionné de ses fonctions en juin 2024, à l'issue de son mandat. Cette affaire s'inscrit dans une série de scandales sexuels touchant le milieu du cinéma français, notamment après le dépôt de plainte de l'actrice Judith Godrèche contre le réalisateur Benoît Jacquot.
La cour d'appel a également ordonné la restitution des scellés et la levée des mesures de contrôle judiciaire imposées à Dominique Boutonnat. La décision est susceptible d'être contestée devant la Cour de cassation, qui examine uniquement les questions de droit.



