Meurtre d'Assia Matoug : son mari avoue l'avoir étranglée et démembrée
Meurtre d'Assia Matoug : son mari avoue les faits

À la cour d'assises de Paris, Lakhdar Matoug, 56 ans, a reconnu avoir tué son épouse Assia Matoug en janvier dernier. L'homme, décrit comme un père de famille exemplaire, a étranglé sa femme après une dispute conjugale, avant de démembrer son corps et de disperser les morceaux dans le parc des Buttes-Chaumont et une friche industrielle à Bobigny.

Un meurtre prémédité et un démembrement sordide

Après avoir tué Assia, Lakhdar Matoug a signalé sa disparition et utilisé le téléphone de sa femme pour brouiller les pistes. Profitant d'un jour d'école, il a acheté des gants, des sacs renforcés, des bâches et une meuleuse au Castorama de Nation. Il a découpé le corps de sa victime sur le sol de la cuisine avant de disperser les morceaux dans le parc parisien, à l'exception du tronc, abandonné dans une friche industrielle. Poursuivi pour meurtre sur conjoint et atteinte à l'intégrité d'un cadavre, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un portrait contrasté de l'accusé

Les proches de l'accusé décrivent un "papa poule" et un mari parfait, prêt à tout pour sa famille. Selon l'enquêtrice de personnalité, Lakhdar Matoug avait "la charge mentale sur l'éducation et l'entretien des enfants". Il s'occupait des courses, des devoirs, du bain et des repas. Ses amis le surnommaient même "monsieur Carrefour". Pourtant, d'autres auditions le dépeignent comme "froid", "passif" et "calme". L'avocate des parties civiles, Me Pauline Rongier, a souligné que l'accusé passait beaucoup de temps au café après un arrêt de travail et jouait aux jeux d'argent, un comportement "pas vraiment raisonnable".

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L'argent, source de tensions

Le couple, originaire d'Algérie, avait traversé des difficultés administratives et financières. Après une faillite, les dettes se sont accumulées. Assia Matoug ne travaillait pas, ou presque pas, selon le "pacte du couple". L'argent est devenu un "sujet de tension entre les époux", rapporte l'enquêtrice. Des rumeurs de tromperie ont émergé, mais Lakhdar n'y croyait pas, affirmant qu'Assia était la "seule relation significative qui a compté de sa vie".

La victime décrite comme dépressive

Assia Matoug était décrite comme "maman poule, casanière" et passait ses journées à regarder la télévision. Selon le commandant de police, elle avait un "fort caractère" et n'était pas séquestrée. Depuis quelques mois, elle était "plus triste avec l'impression qu'il allait se passer quelque chose", voire qu'elle "allait mourir". Aucune plainte pour violence n'avait été déposée avant le drame.

Le soir fatal et l'absence de secours

Le soir du meurtre, Lakhdar Matoug a tué sa femme par asphyxie mécanique, selon l'autopsie. Il nie avoir voulu la tuer. Au lieu d'appeler les secours, il a conservé le corps inerte, fait croire à leurs trois enfants que leur mère était malade et les a emmenés manger une pizza. Un comportement "aberrant" pour le commandant de police, qui ne comprend pas comment l'accusé a pu "garder son calme".

Si vous êtes victime de violences conjugales ou témoin, vous pouvez contacter le 3919, ligne d'écoute nationale.

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