Stéphane Ravier condamné à l'inéligibilité et jugé pour favoritisme à Marseille
Ravier condamné à l'inéligibilité et jugé pour favoritisme

Une Journée Judiciaire Chargée pour le Sénateur d'Extrême Droite

Le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier a vécu une lourde séquence judiciaire ce mardi, confronté simultanément à une condamnation en appel et à un procès pour des faits distincts. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé sa condamnation à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, tandis qu'il était jugé au tribunal correctionnel de Marseille pour favoritisme présumé.

Un Procès pour Favoritisme à Marseille

Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône et ancien membre successivement du Rassemblement national puis de Reconquête!, est jugé pour des faits de favoritisme remontant à sa période en tant que maire du 7e secteur de Marseille. Les événements incriminés se sont déroulés entre septembre 2016 et juin 2017, alors qu'il occupait ce mandat municipal obtenu lors des élections de 2014.

L'accusation porte sur l'attribution d'un marché public pour la rénovation du site internet de la mairie de secteur. Selon le parquet, le sénateur aurait pratiqué un « saucissonnage » du marché en le partageant entre deux sociétés qui bénéficieraient en réalité à la même personne. Cette manœuvre aurait permis de maintenir le montant total sous le seuil des 25.000 euros, évitant ainsi l'obligation légale de mise en concurrence.

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La Défense du Sénateur

Face à ces accusations, Stéphane Ravier a présenté sa défense lors de l'audience. Il a évoqué son ignorance des modalités de passation de ce marché, expliquant que la signature de nombreux documents pouvait devenir mécanique. « Quand vous recevez une tonne de documents, vous signez parfois mécaniquement, surtout après plusieurs signatures, notamment celle du directeur financier », a-t-il déclaré.

Le sénateur a rejeté la responsabilité sur le directeur financier de la mairie, qu'il estime « responsable » et dont il « regrette qu'il n'ait même pas été entendu ». Il a également affirmé avoir donné une directive claire et fréquemment répétée à son conseil municipal : « je ne veux pas d'ennuis, je ne veux pas être réveillé par la brigade financière à six heures du matin ».

Les Réquisitions du Parquet

Le procureur a requis des peines sévères contre Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d'Angio, qui lui a succédé au poste de maire du 7e secteur de Marseille. Les réquisitions incluent :

  • Six mois de prison avec sursis
  • 5.000 euros d'amende
  • Trois ans d'inéligibilité pour les deux prévenus

L'avocat du sénateur, Pierre-Vincent Lambert, a quant à lui réclamé la relaxe, estimant que ce procès « ressemble plutôt à un round médiatique, un round politique ».

Condamnation Confirmée pour Prise Illégale d'Intérêts

Pendant qu'il était jugé à Marseille, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé la décision de première instance dans un autre dossier. Stéphane Ravier a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une inéligibilité d'un an pour avoir « œuvré illégalement » au recrutement de son fils à la mairie de secteur.

Les faits concernent l'embauche de son fils via dix contrats à durée déterminée sur une période de trois ans et demi, avant que celui-ci n'accède au statut de fonctionnaire stagiaire. Cette condamnation pour prise illégale d'intérêts s'ajoute ainsi aux accusations de favoritisme jugées à Marseille.

Contexte Politique et Perspectives

Cette double procédure judiciaire intervient dans un contexte politique particulier pour Stéphane Ravier. Deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20% des voix, il avait quitté le Rassemblement national pour rallier la candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête! en 2024.

Pour les prochaines élections municipales de 2026, le sénateur soutient la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille. Sa nièce Sandrine d'Angio, également menacée d'une peine d'inéligibilité dans le dossier de favoritisme, figure d'ailleurs sur la liste du député.

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Ces développements judiciaires pourraient avoir des conséquences significatives sur le paysage politique marseillais à l'approche des échéances électorales de 2026, où les enjeux de transparence et d'éthique publique seront certainement au cœur des débats.