Deux représentants de la CGT au sein du Grand port maritime de Marseille (GPMM) ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel, soupçonnés d'avoir détourné des fonds de l'établissement public au profit de leur syndicat entre 2014 et 2018. Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, et Bernard Cristalli, trésorier du CSE de 2014 à 2022, sont poursuivis pour « abus de confiance ».
Des dépenses contestées
Selon la présidente du tribunal, des « frais de restauration, d'alimentation, de transport, de bureautique et divers achats » auraient été utilisés à des fins « personnelles et syndicales ». Au total, 264 833 euros auraient été détournés. Ces fonds étaient destinés à financer des prestations culturelles et sociales pour l'ensemble des salariés du port.
Parmi les achats litigieux figurent douze ordinateurs, quatorze téléphones portables, des tablettes, des enceintes et écouteurs sans fil, ainsi que plus de 98 000 euros de frais de restaurant, parfois en dehors de Marseille. Un drone a également été acheté, que M. Galéoté a justifié comme « un élément qui permettait de diffuser l'information » aux agents du port, tout en admettant que cet achat n'était peut-être pas judicieux. Un stylo Montblanc à 475 euros a été offert comme cadeau de départ à la retraite à un expert, mais M. Galéoté n'a pas pu se souvenir de son identité, qualifiant cet acte d'« erreur de jeunesse ».
Des frais de déplacement controversés
Des frais de déplacement s'élèvent à 50 000 euros, dont des billets de train en 2016 pour permettre à des adhérents de la CGT de manifester à Paris contre la Loi travail. M. Galéoté affirme que la CGT a remboursé cette somme, mais la justice conteste cette version.
Le syndicat minoritaire Force ouvrière et sept anciens agents du GPMM se sont portés partie civile. La justice a été alertée par un rapport de la Cour des comptes en 2020, suivi d'un signalement au parquet.
Manifestation de soutien
Des dizaines de militants CGT ont manifesté devant le tribunal mardi, dénonçant une « criminalisation syndicale ». Le jugement a été mis en délibéré.



