Procès des CRS pour violences au Burger King en 2018 : le major exprime des regrets mais pas d'excuses
Le tribunal judiciaire de Paris examine depuis le 9 février 2026 le cas de neuf CRS de la compagnie 43 de Chalon-sur-Saône, mis en cause pour des violences commises dans un restaurant Burger King le 1er décembre 2018, lors du mouvement des gilets jaunes. Les débats, intenses, ont mis en lumière des positions contrastées entre les forces de l'ordre et les victimes.
Un discours chargé d'émotion et de défense
Le major Raphaël A., l'un des prévenus, s'est adressé directement aux parties civiles lors de son audition. « Je suis désolé de ce qui vous est arrivé, et des regrets, j'en ai, mais des excuses, je ne vous en ferai pas, parce que j'ai fait mon travail », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Peut-être pas très bien, c'est vrai, mais imaginez aussi ce qu'on a vécu ». Ces mots résument l'ambiance des deux premiers jours d'audience, où les CRS ont décrit une journée qualifiée d'hors du commun.
Les faits et le contexte de l'incident
L'épisode, survenu dans un Burger King, a impliqué des violences contre des manifestants et un photojournaliste. Les prévenus, alignés sur deux bancs du tribunal, ont successivement pris la parole pour expliquer leur version des événements. Ils ont évoqué un abandon de leur hiérarchie et une situation de tension extrême, suggérant que l'incident n'aurait pas eu lieu si les parties civiles s'étaient dispersées plus tôt.
Les parties civiles et leur ressenti
Les victimes, Nathan Artaud, Manon Retourné, Maxime Meilhac et le photojournaliste Adrien Lévy-Caries, ont dû justifier leur présence sur les lieux lors des débats. Leur témoignage a laissé transparaître une certaine amertume face au positionnement des CRS, qui semblent minimiser leur responsabilité. Cette divergence de points de vue souligne les tensions persistantes autour de cet événement marquant du mouvement des gilets jaunes.
Les enjeux du procès et les perspectives
Ce procès met en lumière des questions cruciales sur le maintien de l'ordre et les limites de l'action policière en période de manifestations. Les arguments avancés par les CRS, notamment l'abandon hiérarchique et le contexte exceptionnel, seront examinés de près par la justice. Les suites de cette affaire pourraient influencer les pratiques futures et les relations entre forces de l'ordre et manifestants.
Les audiences se poursuivent, avec des témoignages attendus de part et d'autre pour éclaircir les circonstances exactes de cette journée tumultueuse. L'issue de ce procès est très attendue, tant par les parties prenantes que par l'opinion publique, sensible aux questions de violences policières et de droits des manifestants.



