Procès du CH de Sète : deux mères unies par le deuil après des erreurs médicales
Procès CH Sète : deux mères unies par le deuil

Ce mardi 12 mai 2026, le tribunal correctionnel de Montpellier juge le centre hospitalier du Bassin de Thau à Sète et un infirmier pour homicide involontaire, après la mort de Marwa Fadil, 11 ans, en mai 2020. Samira Fadil, mère de la victime, sera soutenue par Ghislaine Raffin, une autre mère ayant perdu son fils Hugo en juillet 2023 dans le même établissement.

Deux drames, un même hôpital

Ghislaine Raffin a perdu son fils Hugo le 1er juillet 2023 au CH de Sète, après une injection de pénicilline malgré une allergie signalée. Samira Fadil a vu mourir sa fille Marwa en mai 2020, suite à une injection d'adrénaline fatale. "Nos enfants ont été tués dans le même hôpital. Ce qui nous a rapprochées, c'est la douleur", confie Ghislaine Raffin.

Les faits reprochés

Le 25 mai 2020, Marwa est admise aux urgences pour des douleurs abdominales. Un infirmier lui injecte par erreur 5 mg d'adrénaline dans sa perfusion, au lieu de Spasfon. Son état s'aggrave : tremblements, vomissements de sang, arrêt cardiaque. Transférée au CHU de Montpellier, elle décède le 27 mai. L'enquête a révélé que l'infirmier n'a pas vérifié l'étiquette de l'ampoule. L'hôpital est accusé de dysfonctionnements dans le circuit des médicaments.

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Un soutien mutuel

Samira Fadil a contacté Ghislaine Raffin en janvier 2026. "Je ne pouvais pas rester impassible. Nous avons vécu des drames similaires", explique-t-elle. Les deux femmes se sont rencontrées à plusieurs reprises. Ghislaine conseille à Samira de dire sa colère au procès : "L'erreur médicale est inacceptable. Ce terme me fait vomir". Son enquête à elle est toujours en cours.

Peines encourues

L'infirmier risque trois ans de prison et 45 000 € d'amende pour homicide involontaire. En cas de violation délibérée, la peine peut atteindre cinq ans et 75 000 € d'amende. L'hôpital, en tant que personne morale, encourt jusqu'à 225 000 € d'amende. Ghislaine Raffin dénonce des "preuves détruites et documents falsifiés" : "Pour l'hôpital, sa mort est juste un incident. Il n'a même pas déclaré le décès, j'ai dû le faire".

Ce mardi, les deux mères seront présentes au tribunal. Ghislaine espère que la justice accélérera aussi pour son dossier. La direction de l'hôpital n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès.

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