Procès d'un meurtre ou d'un accident à Bordeaux : enjeu de qualification
Procès à Bordeaux : meurtre ou accident ?

Un procès pour déterminer l'intention

Un homme de 46 ans est jugé pendant trois jours devant la cour d'assises de la Gironde, à Bordeaux. Au cœur du procès, cette question : avait-il l'intention de tuer la victime, âgée de 35 ans ? Accident ou meurtre ? Voilà l'enjeu du procès qui s'est ouvert vendredi 22 mai.

Les faits du 23 juillet 2022

Le drame s'est déroulé derrière le salon de coiffure du 56, avenue de la Libération, à Ambarès-et-Lagrave. Alladin Jeljeli, un coiffeur tunisien de 35 ans, logeait dans une résidence située juste derrière son lieu de travail. Dix-huit studios partagent une cuisine commune. C'est ici que l'affaire s'est produite.

Une dispute a éclaté entre la victime et l'accusé, Menouar Amirat, un Algérien de 42 ans. Tout serait parti d'une réflexion anodine qui a fait monter le ton. Les deux hommes se sont empoignés, M. Amirat s'est saisi d'un couteau, et ils sont tombés au sol. M. Jeljeli est mort après avoir reçu un coup de couteau enfoncé de 9 centimètres dans le cœur. « Je l'ai planté mais il me tapait. Fallait que je le plante, j'avais pas le choix pour me défendre », a aussitôt déclaré l'agresseur, très alcoolisé, aux gendarmes.

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Des déclarations variables

Durant l'instruction, le mis en cause a varié dans ses déclarations. Il a notamment affirmé que son couteau s'était planté involontairement dans le thorax de la victime, qui se serait embroché sur l'arme. Vendredi, au premier jour du procès, l'accusé n'a pas explicitement donné sa ligne de défense. Ses avocats, Mes André-Pierre Vergé et Chloé de Lolanié, non plus. « Nous allons contester l'intention homicide », ont-ils simplement déclaré.

Un enjeu judiciaire majeur

L'enjeu est énorme : si l'acte était volontaire, il s'agit d'un meurtre, passible de trente ans de réclusion criminelle. Mais s'il s'agit simplement de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, l'accusé ne risquera que quinze ans. « Peu importe la qualification », pose Me Anthony Maurin-Gomis, qui défend la famille de la victime. « Je suis là pour que soient reconnues les souffrances de l'épouse de M. Jeljeli, et de son fils, qui est né après la mort de son père. » Le verdict est attendu mercredi.

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