Une plainte déposée contre le détournement antisémite d'un tube d'Eddy Mitchell
La veuve du compositeur de la célèbre chanson Couleur menthe à l'eau a engagé des poursuites judiciaires pour contrefaçon après le détournement profondément choquant de ce tube avec des paroles antisémites et négationnistes. Cet acte répréhensible s'est produit lors d'un festival organisé par un mouvement d'extrême droite en 2023, créant une onde de choc dans le milieu artistique et au-delà.
Une version "insupportable" dénoncée par la veuve du compositeur
Annette Papadiamandis, veuve de Pierre Papadiamandis qui a composé Couleur menthe à l'eau, a officiellement déposé plainte contre X le lundi 23 février 2026 au tribunal judiciaire de Paris. Elle dénonce avec fermeté ce qu'elle qualifie de version "antisémite et négationniste insupportable" de l'œuvre de son défunt mari. La plainte a été confirmée par des sources proches du dossier à l'Agence France-Presse.
La vidéo incriminée, tournée en 2023 et rendue publique mi-décembre 2025 par le média d'investigation Mediapart, montre un individu modifiant les paroles de cette chanson emblématique sortie en 1980. Le titre a été rebaptisé de manière scandaleuse Ma grand-mère de Birkenau lors d'un événement du mouvement d'extrême droite Égalité & Réconciliation, fondé par Alain Soral, militant raciste et négationniste déjà condamné à plusieurs reprises par la justice française.
Les plateformes sociales sommées de retirer la vidéo
Me Richard Malka, avocat de Madame Papadiamandis, a précisé dans un communiqué officiel : "Ulcérée par un tel détournement, Madame Annette Papadiamandis, détentrice du droit moral sur cette composition, a déposé plainte pour contrefaçon entre les mains du procureur du tribunal judiciaire de Paris." L'avocat a également indiqué que sa cliente avait mis en demeure l'ensemble des plateformes numériques de cesser immédiatement la diffusion de cette contrefaçon négationniste.
Si la plupart des plateformes ont accepté de retirer le contenu problématique, Instagram et Facebook ont refusé de supprimer la vidéo malgré les demandes répétées. Cette position a suscité l'indignation des parties concernées, d'autant plus que la vidéo a déjà accumulé près de sept millions de vues et généré plus de 8 000 commentaires depuis sa publication.
Des réactions immédiates et fermes de la part des autorités
Dès la publication de l'enquête de Mediapart, Eddy Mitchell et son label ont immédiatement condamné ce détournement odieux et ont demandé le retrait immédiat de la vidéo de toutes les plateformes. L'artiste, profondément affecté par cette appropriation malveillante de son œuvre, a exprimé son soutien à la famille du compositeur dans cette démarche judiciaire.
La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a également réagi promptement en annonçant qu'elle ferait un signalement officiel au procureur de la République. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la protection des œuvres artistiques contre les détournements à caractère haineux et sur la responsabilité des plateformes numériques dans la modération de ce type de contenu.



