Charles Alloncle, rapporteur de l'enquête sur l'audiovisuel public, visé par une plainte
Plainte contre Charles Alloncle pour prise illégale d'intérêts

Une plainte pour prise illégale d'intérêts

Le député Les Républicains Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, est la cible d'une plainte déposée par l'association de lutte contre la corruption Anticor. Cette plainte, révélée par le site d'information Mediapart, a été transmise au parquet de Paris le 2 mai 2026. Elle vise des faits présumés de prise illégale d'intérêts, un délit prévu à l'article 432-12 du code pénal.

Les faits reprochés

Anticor estime que Charles Alloncle aurait dû se déporter de ses fonctions de rapporteur en raison de liens familiaux avec l'audiovisuel public. En effet, le député est le fils de l'ancien journaliste de France Télévisions, Michel Alloncle. Selon l'association, cette situation crée un conflit d'intérêts potentiel, car le rapport de la commission d'enquête pourrait avoir un impact direct sur le financement et l'organisation de l'audiovisuel public, dont bénéficie indirectement la famille du rapporteur.

Le contexte de la commission d'enquête

La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a été créée en mars 2026, à l'initiative de députés de divers horizons politiques. Son objectif est d'examiner la gouvernance, le financement et l'indépendance des médias publics français, notamment France Télévisions, Radio France et France Médias Monde. Charles Alloncle, en tant que rapporteur, est chargé de coordonner les auditions et de rédiger le rapport final qui sera soumis au vote de la commission.

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La réaction de Charles Alloncle

Contacté par l'AFP, le député a fermement contesté les accusations. Il affirme n'avoir aucun lien professionnel avec l'audiovisuel public et précise que son père a cessé toute activité journalistique il y a plus de dix ans. Il dénonce une plainte à caractère politique, destinée à discréditer son travail parlementaire. Il a également rappelé qu'il avait saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) dès sa nomination pour vérifier l'absence de conflit d'intérêts, et que celle-ci n'avait émis aucune réserve.

Les implications juridiques

La plainte d'Anticor ouvre la voie à une enquête préliminaire du parquet de Paris. Si les faits sont jugés suffisamment graves, une information judiciaire pourrait être ouverte. La prise illégale d'intérêts est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 500 000 euros d'amende. Cependant, il est rare que des parlementaires soient poursuivis pour ce motif, la jurisprudence étant stricte sur la notion d'intérêt personnel direct.

Un débat sur l'éthique parlementaire

Cette affaire relance le débat sur l'éthique des parlementaires et les règles de déport en commission d'enquête. Plusieurs voix, y compris au sein de la majorité, appellent à renforcer les mécanismes de prévention des conflits d'intérêts. L'association Anticor, de son côté, milite pour que tout lien familial avec le secteur concerné par une enquête parlementaire soit considéré comme un motif de récusation automatique.

La commission d'enquête poursuit ses travaux, mais cette plainte pourrait en ternir la crédibilité. Les auditions prévues dans les semaines à venir seront scrutées avec une attention particulière.

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