Un pharmacien de Charente-Maritime libéré sous contrôle judiciaire après des accusations de violences
Pharmacien accusé de violences libéré sous contrôle judiciaire

Un pharmacien de Charente-Maritime libéré sous contrôle judiciaire après des accusations graves

La cour d'appel de Poitiers a rendu une décision importante ce mardi 7 avril concernant un jeune pharmacien de 31 ans exerçant en Charente-Maritime. Accusé de violences conjugales et d'administration de substances nuisibles, il avait été placé en détention provisoire le 25 mars, une mesure dont il avait immédiatement fait appel.

Une affaire révélée lors d'une thérapie de couple

L'affaire a éclaté en juin 2025 lorsqu'un psychologue, qui suivait le couple dans le cadre d'une thérapie, a signalé au procureur de la République des déclarations préoccupantes. Selon le praticien, le pharmacien aurait reconnu pendant une séance avoir commis des violences sexuelles et physiques sur sa conjointe.

Ces allégations ont déclenché l'ouverture d'une enquête préliminaire. La conjointe, entendue rapidement par les enquêteurs, a confirmé les violences et évoqué plusieurs scènes de rapports sexuels non consentis. Elle a notamment décrit une tentative d'étouffement avec une couette parce qu'elle ne s'était pas lavé les mains après être allée aux toilettes.

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Des preuves toxicologiques troublantes

Les investigations ont pris une tournure particulière avec les analyses toxicologiques. Des prélèvements de cheveux ont révélé la présence d'Atarax, un tranquillisant prescrit comme anxiolytique. Les résultats sont compatibles avec des prises « ponctuelles et répétées » entre fin mai et fin novembre 2024.

Le médecin qui a examiné la conjointe a confirmé un syndrome anxieux, des troubles du comportement alimentaire et du sommeil en lien avec les faits dénoncés. Malgré ces éléments, la victime a refusé de porter plainte.

Un dossier « naissant » aux enjeux complexes

Lors de l'audience d'appel, le parquet général a plaidé pour le maintien de la détention provisoire, qualifiant le dossier de « naissant ». Il a insisté sur la « singularité » de l'affaire, notamment sa dimension psycho-chimique avec l'administration supposée de substances « nuisibles à la santé et de nature à modifier l'état de conscience ».

Le parquet a également pointé « la qualité et la profession du mis en cause » qui lui permettrait d'accéder à diverses substances, et a évoqué un risque de pression sur la victime et de modification des indices matériels.

La défense conteste fermement les accusations

La défense du pharmacien s'est vigoureusement opposée à cette lecture du dossier, rejetant la volonté « de faire de lui le nouveau monsieur Pélicot ». L'avocate a assuré que la victime disposait bien d'une ordonnance pour l'Atarax, même si ce document ne figurait pas au dossier.

Le mis en cause, qui présente un casier judiciaire vierge, a contesté tous les faits lors de ses gardes à vue en juin 2025 et mars 2026. Il a également fait état des difficiles conditions de sa détention au centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne et expliqué souffrir de dépression.

Une libération sous conditions strictes

Après avoir examiné l'ensemble des éléments, les juges de la chambre de l'instruction ont infirmé la décision du juge des libertés et de la détention de La Rochelle. Le pharmacien sera placé sous contrôle judiciaire avec plusieurs obligations strictes :

  • Interdiction de tout contact avec la victime et plusieurs autres personnes devant être entendues dans le cadre de l'enquête
  • Obligation de pointer chaque semaine
  • Fixation de sa résidence chez ses parents
  • Obligation de soins, le président de l'audience ayant averti que « le tableau que dresse de vous votre comportement et la relation avec madame pose question sur votre personnalité »

Le président a rappelé avec fermeté que tout manquement à ces obligations signifierait un « retour à la case prison ». L'affaire se poursuit avec des auditions de témoins et des investigations techniques approfondies encore à venir.

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