Pau : 18 ans de réclusion pour le meurtre de son cousin à coups de couteau
Pau : 18 ans de prison pour meurtre du cousin

Jimmy Acin a été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle, ce mardi 28 avril, par les huit jurés de la cour d’assises de Pau. Il a été reconnu coupable du meurtre de son cousin, le 10 septembre 2023, par trois violents coups de couteau. Jamais, durant ces deux jours de procès d’assises à Pau, Jimmy Acin n’aura eu un regard, un mot à l’adresse de la famille de sa victime. Sa famille, puisque le matin du 10 septembre 2023 ce Palois âgé de 44 ans aujourd’hui donnait la mort à son cousin David, alors âgé de 41 ans. Un cousin qu’il disait chérir comme son propre frère.

Il faudra même attendre le procès pour que, à l’issue de la première journée, il reconnaisse avoir eu l’intention de donner la mort. Trois coups de couteau, d’une violence inouïe. Le premier sur le flanc. Le suivant traverse un poumon et le foie. Au troisième, la lame transperce tout le corps jusqu’à atteindre une vertèbre et se désolidariser du manche pour demeurer dans le corps sans vie de la victime. Puis le meurtrier donne un coup de pied à la dépouille de ce cousin qui l’hébergeait, rue Rivarès, à Pau, et s’en va en fermant l’appartement. Il passe sa dernière journée de liberté dans un parc de Bayonne à fumer du cannabis, avant de se dénoncer au commissariat.

Des troubles psychopathiques

« David est mort parce qu’il ne fallait pas réveiller Jimmy Acin. C’est totalement sordide », résume maître Antoine Dugas, avocat de la famille de la victime qui s’est portée partie civile. Ce dimanche matin, Jimmy Acin dort encore après une nuit courte lorsque David rentre sous l’emprise de la cocaïne. Une dispute éclate entre les cousins lorsque David exige le départ de Jimmy du logement.

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Les enquêtes de personnalités présentées ce mardi décrivent le meurtrier comme un homme violent, jaloux de son cousin. David est entouré des siens, soutenu par une mère aimante, chéri par une fille de 16 ans à l’époque qui le décrit comme « un super papa ». Jimmy, lui, est seul. Depuis toujours. « Il était condamné depuis son enfance par la démission de sa famille et de ses carences affectives », décrit Me Laurence Brun, également avocate des parties civiles.

Un passé familial lourd

Le quadragénaire a en effet grandi sans père, condamné à la prison à perpétuité pour deux meurtres. Sans affection maternelle. « La seule relation importante de sa vie, rare figure affective, c’est David », dépeint Me Hélène Bègue, avocate de l’accusé. Alors, quand son cousin le rejette, il « pète les plombs », dira-t-il lors de ses rares prises de parole. Déjà condamné à la prison pour des violences avec arme blanche, Jimmy Acin ne supporte pas la frustration. L’expertise psychiatrique évoque des troubles de la personnalité de type psychopathique. L’avocat général, Sébastien Baraldi, soulignera que Jimmy Acin ne souffre pas de maladie mentale et que son discernement n’était ni aboli, ni altéré au moment des faits.

Alors que l’accusé encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle, le représentant du ministère public réclame 20 ans aux huit jurés. Au premier rang, la mère de la victime, ses sœurs et son frère, sa fille se tiennent par la main durant toute l’audience. La photo de David se dresse sur le sac à main de sa mère et fait face à la cour. « Je n’ai pas de haine. Mais j’aurais aimé une parole de sa part, un regard, un regret », confie la mère de la victime en marge de la salle d’audience.

Les carences de l’enfance

Jimmy Acin ne dira rien à l’issue de toutes les plaidoiries. Me Bègue ne cachera pas sa difficulté à prendre la parole pour la défense du meurtrier. Si l’horreur du drame ne fait pas de doute, elle cherchera à « mettre des nuances » avec la description de toutes les carences affectives, éducatives du prévenu. Des blessures qui, si elles ne l’excusent pas, expliquent la violence. « C’est le temps du travail du soi », conclura-t-elle. Sa consœur, Béatrice Spiteri-Vinci, évoquera également le besoin de soins de leur client « pour éviter la récidive ». « L’image de son cousin est gravée en lui. Il est inutile de lui remontrer », déclare-t-elle également.

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Les huit jurés prendront quatre heures pour définir leur verdict. Jimmy Acin est ainsi condamné à 18 ans de réclusion criminelle, à la majorité qualifiée de sept voix. À l’issue de sa détention, il sera contraint à un suivi sociojudiciaire durant sept ans, sous peine de retourner en prison durant 5 ans s’il ne s’y soumet pas. Jimmy Acin est en outre inéligible durant dix ans et interdit de port d’arme durant quinze ans. En larmes à la sortie de la salle d’audience, la photo de David contre sa poitrine, la mère de la victime livrait sa déception d’un verdict trop clément.