Le parquet espagnol demande l'arrêt des poursuites contre l'épouse de Pedro Sánchez
Parquet espagnol veut classer l'affaire Begoña Gómez

Le parquet de Madrid s'oppose au juge et demande l'abandon des poursuites

Le ministère public espagnol a formellement requis, mercredi 22 avril, le classement sans suite de l'enquête pour corruption visant Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Cette décision intervient après que le parquet a interjeté appel mardi de la mise en examen prononcée par le juge Juan Carlos Peinado, estimant que « les faits ne constituaient pas une infraction pénale ».

Une affaire aux multiples rebondissements

Begoña Gómez, âgée de 55 ans, avait été formellement mise en examen le 13 avril dernier pour détournement de fonds, trafic d'influence et corruption. Cette procédure faisait suite à l'annonce par le juge Peinado de la fin de son instruction, ouvrant ainsi la voie à un éventuel procès. L'épouse du chef du gouvernement, qui a toujours nié toute malversation, se retrouve au cœur de cette enquête à tiroirs depuis avril 2024.

Le magistrat soupçonnait notamment Begoña Gómez d'avoir utilisé à son profit les fonctions de son mari pour obtenir des financements, en particulier auprès de l'homme d'affaires Juan Carlos Barrabés. L'enquête s'était également élargie à son assistante, embauchée par les services du Premier ministre pour l'épauler dans ses activités d'épouse du chef du gouvernement, et suspectée de l'avoir aidée dans ses activités professionnelles extérieures.

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Une plainte venue de l'extrême droite

Cette affaire trouve son origine dans une plainte déposée par le groupe anticorruption « Hazte Oir » (Fais-toi entendre), présenté comme proche de l'extrême droite. Ce collectif a utilisé un mécanisme juridique espagnol permettant à des tiers de demander l'ouverture d'enquêtes pénales. Lundi, ce même groupe s'est prononcé en faveur d'une peine de 24 ans de prison contre Begoña Gómez, invoquant un « risque évident de fuite ».

Un bras de fer judiciaire et politique

Cette vaste affaire a donné lieu depuis plusieurs mois à un véritable bras de fer entre le parquet et le juge chargé de l'enquête, alimentant également les controverses politiques. La gauche et le Premier ministre socialiste dénoncent une campagne de diffamation orchestrée par l'extrême droite et l'opposition de droite.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de procédures judiciaires visant l'entourage du dirigeant socialiste. Le frère de Pedro Sánchez, David Sánchez, a également été mis en examen dans le cadre d'une enquête distincte pour trafic d'influence présumé lié à son recrutement par un gouvernement régional. Son procès doit s'ouvrir fin mai.

Par ailleurs, l'ancien bras droit et ex-ministre des Transports de Pedro Sánchez, José Luis Ábalos, comparaît à Madrid depuis le 7 avril dans un vaste procès pour corruption. Cette affaire porte sur des contrats irréguliers de vente de masques de protection pendant la pandémie de Covid-19.

Cette série d'enquêtes met sous pression le gouvernement de coalition minoritaire de Pedro Sánchez, déjà confronté à de multiples défis politiques. La demande de classement sans suite du parquet représente un tournant significatif dans cette affaire hautement politisée, mais sa décision finale reste entre les mains de la justice espagnole.

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