Le préfet de Paris contraint la Ville de Paris à verser une dotation de 1,4 million d'euros au collège privé catholique Stanislas, une somme que la municipalité avait suspendue en raison de contenus pédagogiques jugés non conformes. Cette décision fait suite à un courrier du préfet, daté du 12 mai, adressé à l'établissement.
Un arrêté de mandatement d'office
Dans ce courrier, le préfet indique : « En raison du refus d'exécuter le paiement par la Ville de Paris, je vous informe qu'un arrêté de mandatement d'office de cette somme sur les finances de la collectivité a été transmis au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France. » Il précise que « le règlement devrait donc prochainement être effectué. »
Les motifs de la suspension
Le collège Stanislas avait sollicité l'intervention du préfet après que la mairie a suspendu les forfaits d'externat pour l'année 2025, estimant que les engagements n'étaient pas tenus en matière d'éducation à la vie affective et sexuelle (EVARS) et d'enseignement de la culture chrétienne. Mercredi, le Conseil de Paris a adopté un vœu du groupe communiste demandant le réexamen du contrat d'association liant Stanislas à l'État et sa rupture, soutenu par l'exécutif municipal.
Selon le conseiller communiste Jean-Noël Aqua, « des retours inquiétants » font état de pratiques « ne respectant pas les points soulevés » par un rapport d'inspection. En juillet 2025, l'établissement a reçu une mise en demeure de l'académie concernant ses cours de culture chrétienne, après un contrôle visant à vérifier sa mise en conformité avec les recommandations de l'Inspection générale (IGESR) formulées en 2023.
La position de la mairie
Anne-Claire Boux, adjointe à la maire de Paris chargée des affaires scolaires, a déclaré : « Nous refusons de verser 1,4 million d'euros d'argent public à un établissement qui ne respecte pas les règles qui lui sont applicables. »
Les ajustements de Stanislas
De son côté, Stanislas assure avoir procédé à des « ajustements précis et documentés » garantissant « la liberté de conscience des élèves » pour l'enseignement de la culture chrétienne. Le rectorat indique que « l'instruction est en cours. »
Concernant le programme d'EVARS, la rectrice de Paris, Julie Benetti, a indiqué en janvier dans un courrier que « les observations de la mission de contrôle académique font état d'un déploiement satisfaisant dans le second degré. » Pour le premier degré, des visites ont eu lieu au printemps, précise le rectorat.
Une obligation légale
Le versement de ces forfaits, destinés à couvrir les dépenses de fonctionnement des établissements privés sous contrat, est une obligation légale pour les collectivités, sans aucune conditionnalité. En 2024, après le rapport de l'IGESR pointant des « dérives » à Stanislas, la mairie de Paris avait déjà suspendu puis finalement rétabli sa dotation de 1,3 million d'euros.



