Onze interpellations après le meurtre de Quentin Deranque, des liens avec l'ultragauche
Onze interpellations après le meurtre de Quentin Deranque

Onze personnes interpellées dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque

Six jours après le passage à tabac mortel de Quentin Deranque, jeune nationaliste de 23 ans, l'enquête menée par la division de la criminalité territoriale a connu une avancée décisive. Au cours des dernières heures, onze personnes ont été interpellées mardi et mercredi puis placées en garde à vue. Ces individus, huit hommes et trois femmes, sont mis en cause à divers degrés dans ce drame survenu à Lyon.

Des liens avec la mouvance ultragauche et une organisation dissoute

Selon des informations concordantes, plusieurs des suspects interpellés gravitent autour de la mouvance de l'ultragauche. Plusieurs d'entre eux auraient même été membres de la Jeune Garde antifasciste, un collectif cofondé par le député Raphaël Arnault en 2018 et dissous le 12 juin dernier en Conseil des ministres. Contactée par nos soins, Me Aïnoha Pascual, l'avocate du groupuscule, a refusé tout commentaire, invoquant le secret de l'enquête.

« Le secret de l'enquête vous connaissez ? Je ne sais pas qui sont les avocats qui prendraient la parole durant la garde à vue de leur client, ces gens-là mériteraient d'être radiés du barreau », a-t-elle déclaré sèchement avant de nous souhaiter « bon courage ». La semaine dernière, elle avait signé un communiqué indiquant que « La Jeune Garde ayant suspendu toutes ses activités », « elle ne saurait être tenue pour responsable des tragiques événements ayant eu lieu à Lyon ».

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Des collaborateurs parlementaires parmi les suspects

Parmi les onze personnes interpellées, certaines sont soupçonnées d'avoir directement agressé Quentin Deranque en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le jeune homme était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis. D'autres suspects sont accusés d'avoir aidé les agresseurs dans leur fuite. Fait notable, certains d'entre eux font l'objet de fiches S pour « sûreté de l'État », émises par les services de renseignement intérieur.

Les interpellations ont eu lieu dans plusieurs départements : le Rhône, l'Isère, la Drôme, l'Aisne (à Soissons) et la Haute-Loire. Les gardes à vue, qui peuvent durer jusqu'à 48 heures, sont toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes.

L'implication surprenante de collaborateurs politiques

Les enquêteurs ont notamment interpellé deux collaborateurs de l'élu LFI du Vaucluse, Raphaël Arnault. Jacques-Elie Favrot, 24 ans, avait été reconnu par les militantes de Némésis. Dimanche, il avait démenti « formellement être responsable de ce drame ». Son avocat, Me Bertrand Sayn, n'a pas donné suite à nos sollicitations. Raphaël Arnault a annoncé mardi soir avoir engagé la procédure pour « mettre fin » au contrat de son collaborateur parlementaire qui le suivait depuis 2024.

Les policiers ont également arrêté Robin C., un jeune homme de 24 ans qui, selon nos confrères du Parisien, travaille à l'Assemblée nationale avec l'élu du Vaucluse sous le pseudonyme de Robin Michel. Dans une interview accordée en 2019 à France Bleu (devenue Ici), alors qu'il était encore lycéen au Puy-en-Velay, il déclarait : « J'ai vraiment envie de changer quelque chose dans ce monde, mais je pense que la politique c'est pas une voie la plus propice. C'est un monde sans pitié, un monde de pouvoir, ce n'est pas ce que je veux faire ».

Un ancien stagiaire également impliqué

Adrian B., un ancien stagiaire de Raphaël Arnault, figure aussi parmi les onze personnes interpellées, ont indiqué deux sources proches du dossier à l'AFP. Il est soupçonné d'avoir participé directement aux violences, tandis que Robin C. l'aurait aidé à se soustraire aux forces de l'ordre. Contacté par nos soins, Raphaël Arnault n'avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

Cette affaire, qui mêle violence politique, implications parlementaires et dissolutions d'organisations, continue de susciter de nombreuses interrogations. Les prochaines heures, avec les auditions en garde à vue et les éventuelles mises en examen, devraient apporter des éclaircissements supplémentaires sur les circonstances exactes de ce drame.

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