Une libération attendue brutalement compromise
Anna Ouvarova conserve précieusement une photographie de son fils, Nikita Ouvarov, âgé de quinze ans, prise à Kansk, en Sibérie, en 2021. Ce cliché rappelle le visage de l'adolescent accusé d'actes terroristes par la justice russe. Emprisonné depuis cinq années pour s'être, selon les autorités, « préparé à la conduite d'activités terroristes », Nikita Ouvarov devait finalement recouvrer la liberté le 19 mars prochain.
Des projets familiaux anéantis
Jusqu'à récemment, sa mère, Anna Ouvarova, évoquait avec un mélange d'excitation et d'incrédulité ses préparatifs pour accueillir dignement son fils. Ses plans incluaient :
- La location d'une petite maison équipée d'un bania, le traditionnel sauna russe.
- La préparation de repas soignés et conviviaux.
- L'invitation des anciens camarades de classe de Nikita.
- L'achat de vêtements adaptés à sa nouvelle taille, celle du jeune homme qu'il est devenu derrière les barreaux.
Arrêté à l'âge de quatorze ans pour avoir collé des affiches hostiles au FSB, les services de sécurité russes, dans sa ville natale de Kansk, Nikita Ouvarov a passé son adolescence en détention. Sa libération, prévue alors qu'il aurait vingt ans, représentait un espoir immense pour sa famille.
Une nouvelle procédure judiciaire inattendue
Cette perspective de libération semble aujourd'hui sérieusement compromise. Mardi 17 février, Anna Ouvarova a reçu un appel téléphonique du centre de détention provisoire numéro un de la région de Krasnoïarsk, en Sibérie. Cet appel l'informait qu'une nouvelle affaire pénale venait d'être ouverte contre son fils.
L'avocat de Nikita, Vladimir Vasin, qui le suit depuis des années, se trouvait alors en déplacement à Moscou. Cette absence a laissé le jeune détenu seul face aux premières heures, cruciales, de cette nouvelle investigation. La situation plonge la famille dans l'incertitude et remet en cause l'issue judiciaire tant attendue.
Le cas de Nikita Ouvarov, cet adolescent russe initialement condamné pour avoir virtuellement voulu « faire sauter le FSB », connaît ainsi un rebondissement dramatique. Alors que sa peine initiale touchait à sa fin, cette nouvelle procédure ouvre un chapitre judiciaire incertain, prolongeant l'épreuve de la détention et reportant indéfiniment les projets de réinsertion et de retrouvailles familiales.



