Nîmes : 5 kg de cannabis saisis, le prévenu condamné malgré les relaxes obtenues par son avocat
Nîmes : 5 kg de cannabis saisis, condamnation malgré relaxes

Un trafic de stupéfiants devant le tribunal correctionnel de Nîmes

L'affaire a été jugée ce mercredi 8 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Nîmes, après une première demande de renvoi. Le prévenu, un trentenaire, était poursuivi pour la détention de près de 5 kg de cannabis, d'armes et de près de 12 000 euros en numéraire. Il a nié toute implication dans un trafic de drogues présumé.

La perquisition et les aveux contradictoires

Le 23 février dernier, suite à un renseignement anonyme, les policiers appuyés par des équipes cynophiles ont procédé à la perquisition du domicile du suspect. Lors de l'intervention, le prévenu a tenté de se débarrasser de deux sacs contenant les stupéfiants en les jetant du balcon. "J'ai entendu les policiers chez ma voisine, j'ai paniqué", a-t-il reconnu à l'audience, contredisant ses premières déclarations où il affirmait n'avoir aucun lien avec ces sacs.

Lors de la fouille, les forces de l'ordre ont saisi un vaste matériel lié au conditionnement de drogues (balance, couteau avec résidus de cannabis, sachets), deux armes dont un fusil de chasse non déclaré, et près de 12 000 euros en espèces. Les deux sacs jetés du balcon contenaient quant à eux près de 5 kg de stupéfiants.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les arguments de la défense et les relaxes obtenues

L'avocat du prévenu, Me Hugo Ferri, a pointé plusieurs irrégularités procédurales, notamment un manque de clarté entre l'enquête de flagrance et l'enquête préliminaire. Il a demandé que la régularité des actes soit sanctionnée, mais le tribunal a rejeté cette requête.

Concernant le fond de l'affaire, le prévenu a partiellement reconnu les faits : "Je ne suis pas dans le stupéfiant moi. J'étais dans une mauvaise passe, je venais de me séparer avec ma femme, je n'avais plus rien". Il a expliqué avoir été rémunéré 300 euros par mois pour un rôle de "nourrice" des stupéfiants, ce que la présidente du tribunal a nuancé : "Mais quand on est nourrice de plus de 5 kg, on ne gagne pas 300 euros, c'est faux".

Pour justifier la somme d'argent retrouvée, le prévenu a affirmé qu'elle provenait de son mariage, sans convaincre la juridiction. La procureure a tenté d'obtenir plus de précisions sur des morceaux de plastique effilochés ressemblant à ceux utilisés pour conditionner de la cocaïne, mais l'avocat a rappelé qu'aucune trace de cette substance n'avait été retrouvée chez son client.

Les autres poursuites et la condamnation finale

Le trentenaire était également poursuivi pour deux faits d'escroquerie liés à deux entreprises dont il était gérant. Pour ces affaires, Me Ferri a plaidé la relaxe en soulignant des manquements procéduraux, notamment l'absence de vérification d'identité dans une affaire de location de véhicule.

L'avocat a également obtenu des relaxes pour la détention d'arme de catégorie C (faute de vérification auprès de l'armurier), la non-justification de ressources et le refus de remettre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie.

Malgré ces relaxes partielles, le tribunal a condamné le prévenu à 3 ans de prison pour détention de stupéfiants, dont un an assorti d'un sursis probatoire de deux ans, avec maintien en détention. L'argent et les téléphones saisis ont été confisqués, et le surplus a été détruit. La procureure avait requis 30 mois de prison ferme, mettant en avant les "justifications limitées" du prévenu.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale