L'Espagne demande à l'UE de rompre son accord avec Israël, accusé de violations
Espagne demande rupture accord UE-Israël pour violations

L'Espagne exige la rupture de l'accord UE-Israël pour violations du droit international

Dans une déclaration qui a immédiatement provoqué la colère d'Israël, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé ce dimanche que son pays demandera officiellement à l'Union européenne de rompre son accord d'association avec Israël. Cette demande, formulée lors d'un meeting électoral en Andalousie, s'appuie sur l'accusation selon laquelle le gouvernement israélien « viole le droit international » de manière systématique.

Une réaction israélienne virulente et des accusations d'antisémitisme

La réponse israélienne ne s'est pas fait attendre. Le chef de la diplomatie Gideon Saar a dénoncé avec virulence ce qu'il qualifie d'« hypocrisie » du gouvernement espagnol. Dans un message publié en espagnol sur le réseau social X, il a accusé directement Pedro Sánchez d'« antisémitisme » et a pointé du doigt ce qu'il considère comme des contradictions dans la politique étrangère espagnole.

« Nous n'accepterons pas une lecture hypocrite de quelqu'un qui noue des relations avec des régimes totalitaires qui violent les droits humains comme la Turquie d'Erdogan ou le Venezuela de Maduro », a-t-il écrit avec force. Il a poursuivi en affirmant que le gouvernement espagnol « reçoit des remerciements du régime brutal iranien et d'organisations terroristes, et s'est employé à propager l'antisémitisme ».

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Une demande espagnole qui s'inscrit dans une démarche progressive

Cette initiative de l'Espagne n'est pas totalement inédite. L'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, entré en vigueur en l'an 2000, contient effectivement une clause cruciale qui subordonne la relation bilatérale au respect scrupuleux des droits de l'homme. Déjà en février 2024, l'Espagne avait commencé à remettre en question cet accord lorsque Pedro Sánchez et le Premier ministre irlandais de l'époque avaient adressé une lettre conjointe à la Commission européenne.

Cette correspondance officielle demandait alors une évaluation complète du respect par Israël de ses obligations en matière de droits de l'homme, particulièrement après le déclenchement de la guerre à Gaza. Depuis cette première démarche, la position de Pedro Sánchez s'est progressivement durcie sur ce dossier sensible, un durcissement accentué par le contexte de la guerre au Liban et qui culmine avec l'annonce de ce dimanche.

Une coordination européenne en cours de construction

La déclaration du chef du gouvernement espagnol fait directement suite à une lettre adressée vendredi dernier à la Commission européenne par une coalition de trois pays : l'Irlande, la Slovénie et l'Espagne elle-même. Cette missive commune demandait explicitement que « l'accord d'association UE-Israël soit examiné lors de la prochaine réunion du Conseil des Affaires étrangères » de l'Union européenne.

Cette coordination entre États membres marque une évolution significative dans l'approche européenne du conflit israélo-palestinien et pourrait présager de débats animés au sein des institutions communautaires. La demande espagnole, qui sera officiellement présentée mardi, place ainsi l'Union européenne devant un dilemme diplomatique majeur, entre relations commerciales et principes fondamentaux de droit international.

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