Procès de Naps pour viol : le rappeur face à ses contradictions
Ce mercredi matin, à la cour criminelle départementale de Paris, Naps s'avance vers le banc des accusés avec une mine fatiguée et cernée, au troisième jour de son procès pour viol. L'interrogatoire du rappeur est au programme, après le témoignage poignant de la plaignante, Emma*, âgée de 20 ans au moment des faits. Elle lui reproche de l'avoir violée pendant son sommeil dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021.
En écoutant la déposition de la partie civile, Naps baille par moments et affiche une expression renfrognée. La fatigue semble palpable, alors que cette affaire est jugée plus de quatre ans après les événements. « Je n'ai pas été violent, je suis formel », déclare-t-il, niant le viol mais admettant un rapport sexuel.
Les versions contradictoires des faits
Le rappeur marseillais de 40 ans ne perçoit aucun problème avec les faits. « On faisait des frottements, des va-et-vient, comme si on le faisait mais habillés, je sais pas si vous voyez », explique-t-il à la cour. « Ça s'est chauffé, on s'est fait des caresses, dans mes souvenirs y a eu aussi un bisou, on s'est embrassé ».
Selon Naps, la situation a ensuite évolué. Malgré la présence de deux autres amies de la plaignante, Camille* et Alexia*, dans le lit de la chambre d'hôtel, il affirme avoir « commencé » et soutient que « tous les signaux étaient au vert », mentionnant des « gémissements » et précisant que « c'était pas sec ».
Pourtant, dans la matinée, Emma a témoigné qu'elle dormait et a été réveillée par une douleur intense due à une pénétration « violente ». Le rapport du médecin légiste corrobore ses dires, révélant des lésions au niveau de l'hymen et des traces à l'intérieur des cuisses. L'une des avocates de la défense a toutefois souligné que de telles irritations pourraient aussi résulter de frottements des jambes en dansant, par exemple.
La défense de Naps et les témoignages accablants
L'accusé reste ferme sur sa position et affirme avec insistance : « Il n'y a jamais eu de violence. Pour moi elle ne dormait pas, je suis catégorique, je ne me vois pas avoir une relation avec une femme endormie. C'est un truc impossible pour moi. Il n'y a jamais eu de viol ou de personne endormie en face de moi, je suis pas un fou à ce point-là. Je sais que ça existe mais c'est pas moi c'est pas mon truc. »
Les témoignages de Camille et Alexia vont cependant dans le sens de la plaignante. Camille assure avoir été réveillée par des mouvements de va-et-vient à côté d'elle et s'être interrogée sur ce qui se passait. Elle a ressenti que quelque chose n'allait pas en quittant la chambre et a finalement accompagné Emma pour porter plainte plus tard dans la journée.
Alexia, quant à elle, a raconté sous serment avoir tenté de réveiller son amie Emma et essayé d'arrêter l'agression en cours sous ses yeux, sans succès.
Un procès sous tension
Mis en difficulté par l'interrogatoire de la partie civile et par le ministère public, Naps campe sur sa position. Rappelons que Nabil Boukhobza, de son vrai nom, est également mis en examen en 2024 dans une autre affaire de viols accusés par trois femmes. Il encourt jusqu'à 15 ans de prison dans cette procédure.
Ce procès met en lumière des versions radicalement opposées, avec d'un côté la dénonciation d'une agression violente et de l'autre la défense d'un rapport consenti. Les débats se poursuivent dans une atmosphère tendue, alors que la justice cherche à établir la vérité sur cette nuit de septembre 2021.
*Les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat des personnes concernées.



