Le rappeur Naps condamné à sept ans de prison pour viol avec mandat de dépôt
Le rappeur Naps a été condamné jeudi 19 février 2026 à sept ans de prison, assortis d'un mandat de dépôt immédiat, pour avoir violé une femme durant son sommeil le 1ᵉʳ octobre 2021 dans une chambre d'hôtel parisienne. Cette décision judiciaire intervient après un procès intense où les faits et la notion de consentement ont été au cœur des débats.
Les faits : une nuit d'octobre 2021 dans un hôtel parisien
Au petit matin du 1ᵉʳ octobre 2021, Emma (prénom modifié) et deux de ses amies sont invitées à passer la fin de soirée dans une chambre d'hôtel avec le rappeur, alors âgé de 35 ans. Épuisés par une nuit de fête, les quatre personnes se couchent dans le même lit sans se dévêtir. Emma affirme s'être profondément endormie.
Les trois jeunes femmes, ainsi que l'accusé, avaient consommé de l'alcool, du cannabis et du protoxyde d'azote, selon un rapport toxicologique. Cet état a pu expliquer certaines imprécisions dans les témoignages, sur lesquelles la défense s'est longuement appuyée.
Malgré des récits parfois divergents sur d'autres aspects de la soirée, les trois femmes s'accordent sur un point crucial : Emma dormait lorsque Naps l'a pénétrée. Cette version contraste radicalement avec celle défendue par l'accusé, qui a toujours affirmé que « tous les signaux étaient au vert » et que les rapprochements s'étaient produits « naturellement ».
L'absence de consentement au centre de la condamnation
Dans ses motivations, la présidente de la cour, Danièle Dionisi, a mis en avant « l'absence de consentement » de la victime. Elle a souligné la constance des déclarations d'Emma tout au long de la procédure, celle-ci expliquant qu'elle « dormait » et que « la douleur de la pénétration l'avait réveillée ».
L'avocate générale, Sarah Cadeillan, a pointé du doigt l'absence de remise en question de la part du musicien. Elle a déploré une mentalité selon laquelle « même si elle est inerte, une jeune fille ne peut pas lui résister » simplement parce qu'elle se trouvait dans la même chambre. L'avocate a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une simple affaire de « parole contre parole », mais d'un « viol par surprise » étayé par des déclarations circonstanciées et constantes de la plaignante.
L'avocat de la victime, Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, s'est félicité de la décision : « Elle a été entendue, elle a été crue, la cour l'a pleinement reconnue dans sa qualité de victime après cinq ans de procédure donc c'est un vrai soulagement pour elle. »
La défense et l'appel annoncé
Lors de ses derniers mots devant la cour criminelle, Naps s'est défendu avec véhémence : « Jamais de la vie ça ne me viendrait à l'idée d'avoir un rapport avec une personne endormie, c'est impossible. » Il a ajouté : « Vous avez mon avenir entre vos mains », niant toute intention de viol.
La peine prononcée correspond aux réquisitions du parquet général, à l'exception du mandat de dépôt qui a été immédiat et non différé comme le demandait l'avocate générale. La défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel. Nabil Boudi, l'un des trois avocats de Naps, a qualifié la décision d'« incompréhensible », critiquant l'absence de mention de l'élément intentionnel dans les motivations du jugement.
Ce procès met en lumière les enjeux complexes autour du consentement dans les affaires de violences sexuelles, particulièrement dans des contextes où la consommation de substances peut brouiller les perceptions. La condamnation, avec son mandat de dépôt immédiat, marque une étape significative dans cette affaire qui a duré cinq ans.



