Lettre de suicide présumée de Jeffrey Epstein rendue publique
Lettre de suicide présumée d'Epstein publiée

Sept lignes et moins de quarante mots. Après avoir été conservée sous scellés depuis juillet 2019, une lettre de suicide présumée de Jeffrey Epstein a été rendue publique ce mercredi 6 mai par un juge new-yorkais, suite à un recours déposé par le New York Times. « Ils ont enquêté sur moi pendant des mois. Ils n’ont RIEN trouvé !! C’est un luxe de pouvoir choisir le moment de dire au revoir. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Que je fonde en larmes !! AUCUN FUN – ÇA N’EN VAUT PAS LA PEINE ! » peut-on lire sur cette note griffonnée sur une page de papier ligné.

Une tentative de suicide précédente

Avant de se pendre dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York, le 10 août 2019, Jeffrey Epstein avait, semble-t-il, déjà tenté de mettre fin à ses jours. Trois semaines plus tôt, le pédocriminel, qui attendait alors d’être jugé pour trafic sexuel de mineures, a été retrouvé inconscient dans la nuit du 22 au 23 juillet 2019, avec des marques autour du cou. Son compagnon de cellule, Nicholas Tartaglione, un ex-policier depuis condamné à la perpétuité pour un quadruple meurtre, a assuré aux surveillants ne pas savoir ce qui s’était passé et a nié avoir attaqué Epstein.

Placé sous surveillance anti-suicide, le financier déchu a été transféré dans une autre cellule. C’est au cours des jours suivants que Tartaglione affirme avoir retrouvé, à l’intérieur d’une bande dessinée, cette « page de papier jaune déchirée d’un bloc-notes », qui a sans doute été numérisée en noir et blanc par la justice dans l’illustration accompagnant cet article.

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Une bataille judiciaire autour de la lettre

L’ancien policier a alors donné la lettre à ses avocats, qui seraient parvenus, selon un document judiciaire rendu public dans les dossiers Epstein, à faire authentifier la lettre début 2020 – un point que n’ont pas confirmé à ce stade les conseils de Tartaglione. Ce dernier avait évoqué sur un podcast, en juillet 2025, la consultation « d’experts en graphologie ».

En janvier 2020, la chaîne CBS avait obtenu une photo d’une autre note attribuée à Epstein, dans laquelle il se plaignait de sa nourriture et des insectes grouillant dans sa cellule. Comme la lettre de suicide présumée, elle était écrite sur une page de bloc-notes jaune et se terminait par le même « NO FUN », en majuscules, souligné d’un trait.

La lettre de suicide présumée s’est ensuite retrouvée au cœur d’une bataille judiciaire entre plusieurs avocats de Nicholas Tartaglione et a été conservée sous scellés toutes ces années. Le département de la Justice affirme au New York Times qu’il ignorait son existence, ce qui explique son absence dans les 3 millions de documents déclassifiés.

Un suicide qui continue de faire débat

L’autopsie réalisée le 19 août 2019 par le médecin légiste avait conclu à un suicide par pendaison. Mais depuis, les révélations sur une accumulation de ratés – des gardiens qui se sont endormis et ont falsifié des registres de surveillance, des caméras défectueuses ou mal orientées, et les déclarations du médecin légiste engagé par la famille d’Epstein, qui estimait que certaines fractures au cou étaient davantage compatibles avec une strangulation qu’avec une pendaison – ont semé le doute et alimenté le complotisme.

Des images de vidéosurveillance rendues publiques l’an dernier devaient mettre un terme aux spéculations, mais une minute manquante – selon Pam Bondi, due à un reset automatique à minuit – a produit l’effet inverse. En juillet 2025, après « une enquête approfondie », les enquêteurs du FBI ont conclu dans un mémo qu’Epstein s’était bien suicidé. Il est peu probable que la lettre, même si son authenticité était confirmée par des experts, suffise à dissiper les zones d’ombre qui entourent encore l’affaire.

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