Le tribunal administratif rejette le recours d'une infirmière suspendue pour son calot
Infirmière suspendue pour son calot : recours rejeté par la justice

Le tribunal administratif de Paris rejette le recours en référé d'une infirmière suspendue

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, ce mercredi, le recours en référé d'une infirmière de la Pitié-Salpêtrière. Cette dernière avait été suspendue pendant huit mois par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour avoir refusé d'enlever son calot en dehors du bloc opératoire. La juridiction a estimé que la sanction ne présentait pas, à ce stade, de caractère manifestement excessif.

Une décision provisoire en attendant le jugement au fond

Le tribunal a toutefois précisé que « cette décision présente un caractère provisoire et ne vaut que jusqu'à l'intervention du jugement au fond ». Il souligne que « au regard de la persistance de l'agente hospitalière à porter son calot hors de toute intervention chirurgicale et en contradiction avec les règles d'hygiène et de sécurité des soins, malgré les injonctions répétées et le blâme prononcé antérieurement à son encontre, l'exclusion de huit mois n'apparaissait pas disproportionnée, en l'état de l'instruction ».

L'infirmière, Majdouline B., porte un calot en tissu coloré avec des motifs de petits cœurs, un équipement habituellement réservé au bloc opératoire ou à la réanimation. Elle affirme que ce choix relève de sa vie privée et n'a jamais évoqué de motif religieux.

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Une procédure engagée depuis fin 2025

Cette affaire s'inscrit dans une procédure engagée depuis plusieurs mois. Licenciée en novembre 2025 pour ce motif, l'infirmière avait obtenu début janvier 2026 la suspension de cette sanction et sa réintégration, le tribunal administratif ayant alors jugé le licenciement disproportionné. La nouvelle décision, rendue en référé, concerne uniquement la suspension disciplinaire de huit mois décidée par l'AP-HP, qui reste donc applicable dans l'attente d'un jugement sur le fond.

Réactions syndicales et politiques

La décision a suscité des réactions syndicales et politiques. Blandine Chauvel, du syndicat Sud Santé à la Pitié-Salpêtrière, a dénoncé « une croisade absurde des directions des hôpitaux de France contre des collègues perçues comme musulmanes », évoquant « plus de 30 hôpitaux dans toute la France » concernés selon son organisation. La députée écologiste Sandrine Rousseau a estimé qu'« on n'est plus dans la défense de la laïcité, on est plutôt dans le fantasme de l'ennemi de l'intérieur ». L'avocat de l'infirmière, Me Lionel Crusoe, a aussi regretté une sanction « disproportionnée ».

Cette affaire met en lumière les tensions autour des règles d'hygiène hospitalières et les interprétations de la laïcité dans le milieu médical. Le jugement au fond, attendu prochainement, devrait apporter des clarifications sur ce dossier complexe qui touche à la fois aux libertés individuelles et aux impératifs de sécurité des soins.

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